Le Temps: Le Credit Suisse Group a opté pour la bancassurance, est-ce une voie incontournable pour tous les grands groupes financiers?

Lukas Mühlemann: Pour nous, c'est une voie logique et très prometteuse. Nous allons la suivre avec beaucoup d'enthousiasme et je pense que les résultats seront très bons. Quant aux autres groupes, je ne peux pas me prononcer à leur place.

La gestion institutionnelle est un secteur où le groupe alloue le moins de capitaux. C'est pourtant celui qui affichera la plus forte croissance ces prochaines années. Allez-vous procéder à une acquisition pour stimuler la rentabilité?

Nous avons examiné tous les candidats «à vendre» qui étaient sur le marché et avons constaté que les prix étaient extrêmement élevés. Dans ces conditions, nous avons exclu tout achat. Nous privilégions la croissance interne mais nous procéderons à une acquisition si une opportunité se présente à un prix correct.

Vous désirez améliorer la capacité bénéficiaire du CSG grâce à la provision exceptionnelle de 1,4 milliard de francs comptabilisée en 1997. Dans quelle proportion et dans combien de temps?

Ces charges sont liées, d'une part, à des acquisitions comme BZW, à la fusion avec Winterthur, au passage à l'an 2000 et à l'euro. Ce sont des coûts à caractère unique. Vu leur importance, il nous semblait correct de les éliminer maintenant. L'impact positif se fera sentir dans les deux à trois ans à venir. Dans ces 1,4 milliard, on trouve, d'autre part, des charges de restructuration en Suisse. Le CSG a choisi de ne pas licencier et d'utiliser des moyens comme la retraite anticipée qui sont plus coûteux, d'où des coûts supplémentaires.

La titrisation des actifs immobiliers va-t-elle améliorer la rentabilité des affaires suisses du CSG?

Cela va nous aider à consommer moins de capital, moins de fonds propres dans les affaires suisses et cela aura un effet positif sur le rendement des capitaux investis (ROE). Mais cela ne va pas améliorer la profitabilité en termes absolus.

La phase de consolidation du secteur bancaire en Suisse est-elle terminée?

Pour les grandes banques, je pense que oui. Les banques cantonales et régionales subiront encore des restructurations car le marché souffre toujours d'une surcapacité. Cette situation sera corrigée dans les années qui viennent.