Ainsi que l'avait l'avait laissé entendre Philip K. Ryan, responsable des finances, lors de la présentation des mauvais résultats du troisième trimestre, CS Group a annoncé hier le lancement d'un emprunt convertible spécial (mandatory convertible securities) d'un montant d'un milliard de francs, susceptible d'être augmenté de 250 millions. Les titulaires de l'emprunt pourront le convertir en actions CS Group au plus tard d'ici à trois ans.

L'emprunt sera d'abord proposé, du 2 au 6 décembre, aux actionnaires actuels par le biais de droits de souscription préférentiels. En fonction des conditions de conversion en actions, l'opération donnera lieu à une dilution des bénéfices futurs estimée à 2,5% par Christoph Ritschard, de la Banque Cantonale de Zurich. Mais ce dernier estimait hier que cet effet négatif pour les actionnaires actuels était déjà reflété par le cours du titre. Ce qui n'a pas empêché l'action CS Group de clôturer en recul de 4,9% à 32,20 francs mardi, en réaction aussi à une perte de 214 millions de dollars essuyée par une filiale de CS First Boston.

Après Swiss Life et le groupe immobilier Züblin la semaine dernière, CS group est donc le troisième groupe helvétique à annoncer le lancement d'un convertible de ce type pour se recapitaliser. Le produit de cette émission est en effet assimilé à des fonds propres par la Commission fédérale des banques (CFB). Ce qui devrait déployer un impact positif sur la note de solvabilité de CS Group. Pourtant, l'agence Standard & Poor's a annoncé avoir abaissé pour la deuxième fois cette année la note de CS Group, «en raison de la persistance probable de faibles conditions opérationnelles jusqu'en 2003». La note de CS Group a été abaissée de A+ à A (mais les perspectives sont jugées stables), celle de l'unité CS First Boston de AA- à A+ et celle de Winterthur de AA- à A.

Pas de protection pour l'investisseur

«Ces dégradations ne prennent pas en compte les conditions de l'emprunt convertible annoncé aujourd'hui. Mais cela ne devrait pas modifier notre jugement, précise Diane Hinton, de Standard & Poors à Paris. La spécialiste admet pourtant qu'il n'est pas certain que Standard & Poors partage le point de vue de la CFB sur le caractère intégralement «fonds propres» de ce financement. A la différence du convertible de Swiss Life, la solution de CS Group n'assure pas de protection à la baisse pour l'investisseur. Elle lui permet toutefois de participer à une hausse de l'action. Pour patienter en attendant la conversion en actions, l'investisseur bénéficie d'un coupon de 5,75%.