La branche indienne du Credit Suisse First Boston (CSFB) se trouve mêlée à une controverse qui agite la Bourse de Bombay. A en croire le Securities & Exchange Board of India (SEBI), l'organisme de surveillance des marchés financiers, la filiale de la banque suisse serait au cœur d'un délit d'initié commis lors de l'annonce de la fusion de deux établissements indiens, la Global Trust Bank et ta UTI Bank. Une fusion qui devrait créer la plus grande banque privée en Inde. «Nous avons enregistré des mouvements anormaux autour des titres de ces deux banques, notamment en termes de volumes échangés. Nous avons la preuve que le CSFB se trouve impliqué dans ce qui semble être un délit d'initié», souligne un cadre du SEBI, cité par le quotidien économique indien Financial Express. La Banque centrale a ouvert une enquête. Au Credit Suisse First Boston de Bombay, on nie en bloc l'accusation: «Cette affaire n'a aucun fondement. Le SEBI ne nous a jamais fait part de ses soupçons, et nous ne possédons pas d'informations privilégiées concernant cette fusion.» Le directeur pour l'lnde du CSFB, K. R. Bharat, joue la carte de la transparence: «Nos livres de compte sont ouverts aux autorités de contrôle, et nous entretenons les meilleures relations avec ces dernières.» Certains cadres du CSFB sont cependant moins clairs dans leurs explications. «La Global Trust Bank est l'un de nos clients, mais nous n'étions pas au courant de ce projet de fusion avec la UTI Bank», avance l'un d'eux sans convaincre. Implanté dans le sous-continent depuis 1996, le CSFB a enregistré en Inde cette année un chiffre d'affaires de 18 millions de dollars.

Démission du président de la Bourse

«Certaines banques d'affaires étrangères ont pris des risques inconsidérés ces derniers jours en jouant en Bourse au-delà de la limite légale», affirme un banquier indien de Bombay, qui se refuse à citer des noms. C'est la seconde polémique qui agite la bourse de la capitale économique et financière de l'Inde. La Bourse de Bombay depuis vendredi dernier a enregistré trois fois une baisse supérieure à 6%. Au point que le président du Bombay Stock Exchange, Anand Rathi, a été contraint hier jeudi à la démission. On lui reproche de ne pas être intervenu alors que le volume des transactions et les mouvements de yo-yo de certains titres laissaient supposer une manipulation des cours par des courtiers.

Pire: Anand Rathi est soupçonné d'avoir livré à des agents de change des informations confidentielles sur la situation financière d'entreprises, accélérant la chute de la Bourse. Ce scandale en gestation devrait détourner l'attention du délit d'initié dont est accusé le CSFB. Voire. «J'ai entendu des rumeurs selon lesquelles le CSFB serait trop intervenu en Bourse ces derniers jours et aurait donc sa part de responsabilité dans la chute des cours, explique un journaliste du Financial Express à Bombay.