«C'est un bon résultat…» Le président du conseil d'administration et du directoire du Credit Suisse Group (CSG), Lukas Mühlemann, était satisfait de présenter mardi à Zurich un groupe en pleine forme. En 2000, le CSG a vu son résultat net comptable progresser de 11% à 5,8 milliards. Surtout, son bénéfice opérationnel a bondi de 35% à 7,2 milliards alors même qu'il comprend les coûts de restructuration dus à la reprise de Donaldson Lufkin Jenrette (DLJ) et l'amortissement de son goodwill. Lukas Mühlemann a deux autres motifs de satisfaction.

D'abord, les actifs sous gestion augmentent de 229 milliards (+19,3%) à 1417 milliards. Un quart de cette avancée vient de l'afflux d'argent frais (53 milliards). Ensuite, avec 66% du résultat venant de la gestion d'actifs, le CSG s'est affranchi du joug de la banque d'investissement.

Cet équilibre dans la source des résultats permet au CSG de voir l'avenir avec sérénité. Ses responsables lancent donc un programme pour accroître l'attractivité du titre. Au lieu d'un dividende, on remboursera 8 francs en valeur nominale par titre. Celui-ci sera divisé dans une proportion de un à quatre pour que sa valeur soit identique entre la Suisse et les Etats-Unis, où l'action sera introduite en Bourse cette année. Enfin, entre mars 2001 et mai 2003, un programme de rachat des propres titres de 5 milliards dopera les fonds propres du CSG.

l Credit Suisse Financial Services. Dirigé par Thomas Wellauer, le CSFS a une valeur ajoutée de 1,13 milliard (25% de la valeur ajoutée totale du CSG). La banque suisse (Credit Suisse Banking) et l'assurance (Winterthur) sont sur une lancée très dynamique avec des profits opérationnels de 0,6 milliard, respectivement de 1,4 milliard. Par contre, la banque privée on shore du groupe, Personal Financial Services, a perdu 207 millions: après l'Italie, où elle gère plus de 5 milliards de fonds, elle doit supporter des frais d'implantation en Allemagne et en Italie. Elle ne sera pas rentable avant plusieurs années.

l Credit Suisse Private Banking. C'est la vache à lait du groupe avec une valeur ajoutée de 2,45 milliards et un résultat opérationnel de 2,6 milliards (+38%). La profitabilité nette de ses actifs sous gestion (488 milliards) a augmenté de 45 à 54 points de base. Ses dépenses sont restées contenues (+20% par rapport à une moyenne de groupe de 35%).

l Credit Suisse Asset Management. L'usine financière du CSG a la plus faible valeur ajoutée (215 millions). Avec le CSFB, c'est là que les coûts sont les plus élevés avec un ratio coûts/produits en légère baisse à 74,6%. Mais c'est là que les actifs sous gestion ont le plus progressé (+15% à 487 milliards).

l Credit Suisse First Boston. La banque d'investissement a digéré en un temps record l'achat de DLJ qui ne produira tous ses effets que d'ici à 18 mois. La valeur ajoutée du CSFB est une des meilleures (1,1 milliard) mais ses coûts sont aussi les plus élevés avec un ratio coûts/produits péjoré à 80%. Mais être dans le quatuor de tête mondial des banques d'investissement autorise des écarts…