Ce week-end, Joe Biden a dû passer beaucoup de temps avec ses conseillers en cybersécurité. Car le président américain est sous pression. Il avait promis une réponse ferme à la Russie de Vladimir Poutine en cas de nouvelles cyberattaques. Et les événements qui s’enchaînent depuis samedi pourraient donner à Joe Biden l’occasion d’agir.

Cette fois, l’attaque par ransomware (rançongiciel) a débuté en ciblant une société inconnue du grand public, la firme américaine Kaseya. Spécialisée dans les logiciels de gestion de parc informatique, l’entreprise compte plus de 10 000 clients dans au moins dix pays – ce week-end, il n’était pas clair de savoir si la Suisse était concernée. Ce qui est par contre certain, c’est que cette attaque s’assimile à un jeu de domino. Kaseya attaquée, une partie de ses clients sont des victimes indirectes. On a ainsi vu plus de 500 supermarchés Coop en Suède (aucun lien avec le distributeur suisse) obligés de fermer ce week-end, leurs systèmes informatiques étant paralysés.

C’est donc un très gros morceau que les pirates ont ciblé. Kaseya évoquait une quarantaine de clients touchés, des spécialistes en cybersécurité donnaient le chiffre de 200 et il faudra attendre plusieurs jours pour mieux estimer l’étendue des dégâts.

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Genève, Joe Biden avait évoqué, pour la première fois, une contre-attaque américaine envers la Russie en cas de nouvelles cyberagressions. Selon des chercheurs, il semblerait que le groupe de pirates russe REvil soit derrière l’attaque de Kaseya. «S’il s’avère que cela s’est produit alors que la Russie en avait connaissance et/ou que c’est du fait de la Russie, alors j’ai dit à Poutine que nous répondrons», a déclaré Joe Biden samedi.

La pression est énorme sur le président américain. S’il est confirmé que REvil est responsable, il devra agir. En se contentant de sermonner la Russie, pour qu’elle cesse d’être une base arrière de ces groupes de pirates? Ou en déclenchant une riposte, avec le risque majeur d’une escalade incontrôlée? Joe Biden devra agir avec finesse, dans une bataille numérique où les preuves irréfutables sont si difficiles à établir.


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