La vaste cyberattaque attribuée à la Russie, qui a visé les Etats-Unis, a également frappé des systèmes informatiques utilisés par de hauts responsables du Trésor et les pirates pourraient s'être emparés de clés d'encryptage essentielles, a déclaré le sénateur, Ron Wyden, qui siège à la fois à la commission du Renseignement et à celle des Finances au Sénat. Il a indiqué à l'issue d'un briefing à huis clos que le piratage au ministère «semble important». Des dizaines de comptes de messagerie ont été compromis, a-t-il indiqué dans un communiqué.

Le nombre de victimes d’une vaste cyberattaque mondiale ne cesse d’augmenter. La semaine passée, Microsoft évoquait le chiffre de 40 cibles, principalement aux Etats-Unis, mais aussi basées au Canada, au Mexique, en Belgique, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Israël et aux Emirats arabes unis. «Il est certain que ce chiffre va augmenter», avait déjà averti Brad Smith, président de Microsoft. En Suisse, plusieurs multinationales, cibles potentielles de cette attaque, scannent leurs systèmes informatiques. Et dimanche, la société de cybersécurité américaine FireEye évoquait au moins 50 victimes.

Derrière ce hacking mondial, commencé en mars mais révélé la semaine dernière seulement, se trouverait un coupable: la Russie. «C’était une entreprise très importante, et je crois que nous pouvons maintenant dire assez clairement que ce sont les Russes qui se sont engagés dans cette activité», affirmait vendredi le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo. Alors que Donald Trump insinuait ce week-end que la Chine pouvait être derrière cette attaque – une «farce», selon Pékin –, Moscou niait aussi toute implication. Mais plusieurs experts affirment que la piste évoquée par Mike Pompeo est la bonne. Brad Smith a mentionné la Russie, sans l’accuser directement.