C’est peut-être un record à l’échelle mondiale. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Andre Nogueira a confessé, via un communiqué, le versement de 11 millions de dollars à des pirates informatiques. «C’était une décision très difficile à prendre pour notre entreprise et pour moi, personnellement», a indiqué le responsable de JBS, la plus grande entreprise de traitement de la viande au monde. Une décision douloureuse pour lui et sa société. Mais qui aura surtout des effets dévastateurs pour d’autres entreprises, susceptibles d’être confrontées à une recrudescence de cyberattaques.

Comme des milliers d’autres organisations, JBS avait été touchée la semaine passée par un ransomware, logiciel paralysant son infrastructure informatique. Les activités dans ses abattoirs avaient immédiatement dû être stoppées. Chose rare dans ce type d’attaque, l’entreprise avait réussi, par elle-même, à reprendre le contrôle de ses ordinateurs et avait pu redémarrer. Mais les informaticiens de JBS ont averti Andre Nogueira: il n’y avait pas de garantie que les hackers ne frappent pas à nouveau. «Nous ne pouvions pas prendre le risque que quelque chose se passe mal dans la restauration de nos systèmes», a affirmé le directeur. Selon lui, payer «était une assurance pour protéger les clients».