Avant même que la première bourrasque du cyclone Katrina ne s'abatte sur la côte de Louisiane, les cours des compagnies d'assurances actives aux Etats-Unis et de leurs réassureurs étaient sous pression en Europe. A Francfort, Allianz a ouvert en recul de 4,9%. A Zurich, Swiss Re a débuté la séance sur une baisse de 1,4%.

Les investisseurs essaient déjà d'anticiper le montant de la facture. Ce pourrait être la plus lourde de l'histoire de l'assurance. «Les dégâts assurés pourraient se monter entre 15 et 30 milliards de dollars», avait annoncé Eqecat, un consultant en catastrophes naturelles, dans la nuit de dimanche à lundi. Davantage que les 15,5 milliards de dégâts laissés par Andrew en 1992, le cyclone le plus dévastateur jusque-là.

Dans l'après-midi de lundi, les simulateurs de la firme californienne sont devenus moins pessimistes: Katrina ne devrait «plus» générer qu'entre 12 et 25 milliards de remboursements. La tempête semblait frapper un peu moins fort que prévu et ne pas passer au plus près de La Nouvelle-Orléans. Les cours des assureurs ont regagné une partie du terrain perdu.

L'estimation d'Eqecat prend en compte les destructions dues au vent et aux inondations, mais pas celles infligées par les vagues aux plateformes pétrolières off shore, très nombreuses dans la région. Cette omission n'est pas anecdotique. Lors du cyclone Ivan en 2004, les arrêts dans la production de pétrole ont coûté à eux seuls 1,3 milliard de dollars aux assurances. Soit plus de 10% de l'ensemble des 11,2 milliards déboursés. Sur cette somme, 190 millions ont finalement échu à Swiss Re, dont le rôle consiste à endosser une partie des risques encourus par les assureurs traditionnels.

Ivan n'a pas été seul en 2004. La saison des cyclones a été la pire jamais enregistrée avec plus de 23 milliards de dégâts assurés aux Etats-Unis. Quant à la saison 2005, elle est partie sur les chapeaux de roue: «En juin et juillet, les dommages dépassent ceux enregistrés en 2004», note un expert cité par l'agence Bloomberg.

Changements climatiques?

Est-ce une conséquence du réchauffement? «Il serait prématuré d'interpréter ces événements comme une indication d'un changement climatique permanent», déclarait Swiss Re en fin d'année dernière. Allianz n'exclut pas cette explication. Le premier assureur européen a reconnu en juin dernier qu'il pourrait revoir le niveau de ses primes pour prendre en compte la fréquence plus élevée des catastrophes naturelles dues au réchauffement planétaire.