La restructuration de Daewoo Motors vire à la bataille rangée. Mardi, des affrontements ont à nouveau opposé les ouvriers grévistes de l'usine de Pupyong, à la périphérie de Séoul, aux policiers antiémeutes qui les avaient expulsés la veille des bâtiments. Un car de police a été brûlé et plusieurs blessés ont été évacués. Cette nouvelle éruption de violence est une preuve supplémentaire de l'impasse dans laquelle se trouve le second constructeur automobile sud-coréen, déclaré en faillite depuis novembre. Sa direction a mis le feu aux poudres vendredi en confirmant le licenciement de 1750 employés du site de Pupyong. Au total, les responsables de l'entreprise prévoient de supprimer 6800 emplois sur 20 000 afin de permettre une reprise de Daewoo par General Motors ou Fiat, seuls candidats encore en lice depuis le brusque retrait de Ford à l'automne dernier.

L'affaire de Pupyong dépasse le cadre de Daewoo Motors. Les syndicats ont fait de ce conflit un symbole de leur opposition viscérale aux restructurations industrielles entérinées par le président Kim Dae-jung. Le combat mené par la puissante centrale indépendante KCTU autour de Daewoo Motors est donc politique. Jeudi et vendredi, plusieurs grandes manifestations de soutien sont prévues à Séoul. La centrale syndicale s'efforce en outre de stopper la production dans les autres usines coréennes du groupe. Pour l'heure, General Motors et Fiat se tiennent en retrait. Ils attendent de voir qui va remporter le bras de fer engagé entre les syndicats et les autorités. Un bras de fer dont l'issue déterminera à coup sûr le sort des autres conglomérats surendettés. A commencer par le géant Hyundai, dont plusieurs filiales sont au bord de la faillite.