Ski

Dahu lève 2 millions de francs et assure la production des chaussures

Le patron de la start-up fribourgeoise, Nicolay Frey, est déçu. Il n’a pas trouvé les fonds en Suisse pour assurer la poursuite de son aventure entrepreneuriale. Qu’importe, il a réuni les 2 millions de francs dont il avait besoin et planche sur divers projets, comme la location des chaussures. Le Club Med serait notamment intéressé

La quête de financement du fribourgeois Dahu passe par Paris

Sport Le fabricant de chaussures de ski a levé 2 millions de francs, notamment auprès d’un family office français

Le fondateur se plaint de la frilosité des investisseursen Suisse

«En Suisse, il y a beaucoup de monde pour soutenir et lancer l’innovation. Ensuite, il n’y a plus personne. C’est la «Death Valley» et c’est inacceptable.» Nicolas Frey ne mâche pas ses mots. Il y a trois ans, il a lancé son entreprise de chaussures de ski innovantes, Dahu, basée à BlueFactory à Fribourg. Après des mois de recherche de fonds difficiles, il est en passe de boucler un deuxième tour de financement, de 2 millions de francs. «Mais pour cela, j’ai dû aller à Paris, car en Suisse, pour les ventures capitalistes, s’ils ne peuvent réaliser 15 à 20 fois leur mise de départ, vous n’êtes pas intéressant, estime-t-il. Pourtant, nous participons activement à l’économie réelle.» Soit pour l’heure la création de 6 emplois, 19 à l’horizon 2018.

Formées d’une chaussure et d’un exosquelette, les «Dahu», brevetées, permettent à la fois de skier et de conduire par exemple. «Notre force, c’est que nous ne sacrifions aucunement la performance sur l’autel du confort. Chez nous, les deux vont de pair», poursuit l’entrepreneur. Une ­pique à l’attention de son prin­cipal concurrent, la marque ­américaine Apex? Un sourire en guise de réponse. Pour Nicolas Frey, la compétition, également entre start-up, doit rester «fair-play».

Cette année, Dahu a produit près de 1500 paires, au prix d’environ 700 francs. «A la fin de la saison, nous compterons un réseau de distribution d’une centaine de magasins, essentiellement en Suisse», détaille le dirigeant. Pour la saison prochaine, l’objectif est fixé entre 4000 et 6000 paires. Il en faudrait quelque 12 000 pour atteindre l’équilibre, et ce chiffre est programmé pour 2017.

Cet argent frais servira notamment à poursuivre le fonctionnement de l’entreprise au quotidien et à développer la notoriété de la marque. «Avec ce nouveau tour de financement, nous avons également obtenu le soutien d’une banque pour ouvrir une ligne de crédits pour permettre la production de l’année suivante», se réjouit Nicolas Frey. En effet, l’ensemble de la chaussure, de même que l’injection plastique, est réalisé par des partenaires de la start-up fribourgeoise dans le nord de l’Italie, mais des liquidités sont nécessaires pour assurer la production.

Côté commercialisation, la jeune société souhaite renforcer la zone Europe centrale (Suisse, France, Autriche, Allemagne et Italie). «Mais nous devons impérativement nous étendre dans les pays nordiques», ajoute le patron.

Après le mode 100% start-up, où toutes les folies de design sont permises, l’heure est déjà venue de la rationalisation. «Par exemple, nous devons optimiser les couleurs de coques, afin que nous puissions créer des combinaisons plus avantageuses lors de l’augmentation des volumes de fabrication», poursuit-t-il.

Et pour atteindre ce seuil de rentabilité, le patron de Dahu lorgne sur le marché de la location, avec des produits plus standards et un nouveau modèle. «Nous pourrions par exemple vendre la chaussure et louer uniquement l’exosquelette, ce qui réduit le temps d’essayage et abaisse les coûts, puisqu’il n’y a par exemple plus besoin de désinfecter le chausson», illustre l’entrepreneur. Le Club Med serait intéressé par ce concept.

S’il a trouvé son financement, Nicolas Frey se désole enfin de cette certitude: «Quand nous serons à l’équilibre, nous serons confrontés à un afflux massif d’argent. J’aurais plutôt préféré éviter cette Vallée de la mort…»

Cette année, Dahu

a produit près

de 1500 paires, au prix d’environ 700 francs

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