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Les vélos déposés par oBike à Zurich ont été les plus vandalisés du monde, selon son responsable.
© Keystone

Vélos

Daniel Junge: «Le vandalisme a été extrême à Zurich»

Le nouveau responsable d’oBike en Suisse, Daniel Junge, détaille les projets d’expansion du fournisseur singapourien de vélos en libre-service. La plupart des villes devraient voir les bicyclettes jaunes et grises remplir leurs pistes cyclables au cours des prochains mois

Daniel Junge est responsable d’oBike pour la Suisse depuis début octobre. La firme singapourienne qui a abreuvé la ville de Zurich en juillet dernier avec ses vélos n’avait alors aucun employé dans le pays. Ils sont désormais deux et vont continuer à recruter ces prochains mois pour accompagner le développement du fournisseur de vélos en libre-service dans toute la Suisse.

Lire aussi: Avis de tempête pour les vélos suisses en libre-service

Le Temps: OBike est arrivé à Zurich en déversant des centaines de vélos dans les rues du centre-ville, la nuit, et sans prévenir…

Daniel Junge: Oui, c’est vrai et nous avons retenu la leçon. Nous avons d’ailleurs retiré des vélos pour en laisser environ 500. Il est très important d’arriver en premier dans notre secteur et nous avons de grandes ambitions, mais nous n’allons pas procéder de la même manière pour les autres villes où nous allons proposer nos services. Nous avons compris qu’il est très important de discuter avec les autorités locales avant et nous voulons leur proposer par exemple des projets pilotes. Nous allons aussi organiser un «oBike Day» dans plusieurs villes pour nous faire connaître.

– Où oBike a-t-il prévu de se développer?

– Dans toute la Suisse. Nous étudions toutes les villes. Genève et Bâle en priorité. Mais Berne, Bienne, Soleure, Winterthour, Lucerne, etc. figurent aussi sur notre liste. Nous avons un doute concernant Lausanne, qui est très pentue, et Fribourg où tous les vélos risquent de se retrouver d’un côté de la ville et ne soient plus utilisés. Nous espérons avoir notre équipe au complet d’ici au printemps prochain et commencer à lancer nos opérations dans les autres villes à ce moment-là.

– Combien comptez-vous d’utilisateurs?

– A Zurich, l’application a été téléchargée par 50 000 personnes, dont 25 000 l’ont utilisée pour emprunter des vélos. Cela a bien fonctionné en été, on constate une baisse depuis, aussi en fonction de la météo. Réduire le transport par voiture au profit du vélo ne peut qu’être bénéfique à une ville. En revanche, nous avons observé énormément de vandalisme: des vélos jetés dans la Limmat ou dans le lac, des freins coupés ou des codes Q/R [qui servent à déverrouiller le vélo, ndlr] masqués pour les rendre inutilisables. Nous avons dû retirer beaucoup de vélos. Le vandalisme a été extrême à Zurich, en comparaison avec les autres villes où nous avons lancé notre service. Il est difficile de savoir pourquoi. Peut-être est-ce ici lié à notre arrivée maladroite, une réaction face à une entreprise venant d’Asie?

– OBike peut-il être rentable seulement avec le tarif d’utilisation de 1,50 franc par demi-heure, en tenant compte de l’investissement nécessaire, la maintenance et le remplacement des vélos? Comptez-vous sur la publicité ou la vente de données?

– Nous pensons qu’il est possible d’être rentable uniquement avec l’utilisation des vélos. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais ça le sera à plus long terme lorsque le volume sera suffisant. Nous n’avons pas l’intention d’utiliser la plateforme pour la publicité, ni de commercialiser les données. Nous avons une politique de confidentialité des données et il serait de toute façon illégal de les vendre à des tiers. Les données anonymisées nous servent pour savoir où mettre des vélos, où ils sont le plus utilisés, etc. Cela peut aussi rendre service à la ville de Zurich à qui nous pouvons dire où il peut être judicieux d’ajouter des pistes cyclables.

– La qualité des engins mis à disposition par oBike est discutable, est-ce que cela va changer?

– Oui, nous avons conscience que ces vélos, trop petits, ne sont pas le produit parfait pour la Suisse. Nous sommes donc en train de fabriquer la deuxième génération, qui, en outre, disposera de vitesses. La technologie va aussi continuer d’être améliorée. Mais il faut savoir que ces véhicules doivent servir au dernier kilomètre d’une personne qui pendule par exemple pour aller au travail, mais pas pour de longues distances.

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