Dans le cadre de cet accord, qui reste soumis au feu vert des autorités chinoises mais a été soutenu par «les gouvernements chinois et français», Wahaha, numéro un chinois des boissons non-alcoolisées, et Danone, grand groupe français présent dans le monde entier, «vont mettre fin à leurs relations actuelles de co-entreprise», a indiqué un communiqué. «Danone a accepté de vendre ses 51% dans la co-entreprise Danone-Wahaha à ses partenaires chinois», a poursuivi le texte, sans donner le montant de cette cession. «Cet accord mettra fin à toutes les procédures judiciaires liées aux différends entre les deux parties», ajoute-t-il.

Litige financier

En juillet 2008, le conseil juridique de Wahaha avait affirmé que le groupe français réclamait 17,6 milliards de yuans (1,62 milliard d’euros) pour sortir de la co-entreprise, mais que cette dernière n’acceptait de payer que cinq fois moins.

Au centre de le la discorde entre les deux groupes figurent une quarantaine de sociétés montées par Zong Qinghou, le fondateur de Wahaha, qui font concurrence aux coentreprises Wahaha-Danone en exploitant les mêmes produits de la marque chinoise, illégalement selon Danone. Après des mois de querelles publiques, parfois violentes, les deux parties avaient accepté en décembre 2007 de suspendre les procédures judiciaires en cours pour négocier.

Un mois auparavant, en visite à Pékin, le président français Nicolas Sarkozy avait évoqué le dossier avec son homologue chinois Hu Jintao, espérant «des progrès concrets dans la recherche d’une solution à l’amiable avec le soutien des deux pays».

Dans le communiqué publié mercredi, le PDG du groupe Danone, Franck Riboud, a souligné que Danone avait «un engagement de longue date en Chine, où il est présent depuis 1987». «Nous souhaitons accélérer la réussite de nos activités chinoises, conformément à notre mission d’apporter la santé à travers l’alimentation au plus grand nombre de personnes», a-t-il dit.

De son côté, Zong Qinghou, président du groupe Wahaha, a affirmé que «la Chine est un pays ouvert et que les Chinois ont l’esprit ouvert». «Les sociétés chinoises souhaitent coopérer et croître avec leurs homologues mondiaux sur une base d’égalité et de bénéfice mutuel», a-t-il expliqué.

La querelle entre Danone et Wahaha avait pris un tour nationaliste, Zong accusant les Français de vouloir s’emparer d’une marque nationale chinoise.