Qu’arrive-t-il à nos déchets, une fois que nous les avons triés? En six épisodes et autant d’objets du quotidien à recycler, Le Temps suit leur parcours, celui qui les mène tant bien que mal jusqu’à leur nouvelle vie.

L'épisode précédent:

On appelle ça un séparateur à courants de Foucault. Un système d’aimants rotatifs générant un champ magnétique capable de repousser l’aluminium, de manière à le séparer de toutes les autres matières présentes dans la benne – plastique, carton filmé ou même morceaux de disques vinyles. «Le fer-blanc des boîtes de conserve est, quant à lui, magnétique, retiré au début du processus au moyen d’un aimant», précise Urs Frei, directeur des opérations de l’entreprise de recyclage genevoise Serbeco. A 7h05, un jeudi matin de juillet, dans un ciel embrumé d’une fine poussière, le mystère est levé sur la manière dont les déchèteries trient les canettes usagées du contenu des bennes à métaux mixtes.

Les divers matériaux qui peuvent s’y retrouver sont avalés par la rugissante installation de Satigny, constituée d’un système vertical de bennes et de tapis, qui les filtrent, puis les répartissent dans des niches, afin d’être acheminés vers l’incinérateur ou le point de recyclage qui leur correspond. «On la fait tourner une fois par mois environ, il faut du volume», poursuit le responsable. Canettes, tubes de mayonnaise, barquettes de nourriture pour chats, couvercles de pots de yogourts et quelques capsules de café égarées des poubelles qui leur sont réservées défilent, quant à eux, sur les tapis roulants jusque vers une presse, qui façonnera des balles cubiques de ce métal. Celles-ci partiront par rail dans des fonderies proches de la frontière helvétique.