Plus de trois ans après son rachat par Deutsche Post, dont elle est devenue un fer de lance et la filiale logistique, la société bâloise Danzas a annoncé jeudi l'intégration de ses activités à celles de DHL, l'entreprise de courrier rapide également contrôlée par la poste allemande. Cette intégration s'inscrit dans le cadre du programme d'économies STAR communiqué le même jour par Deutsche Post. Si les répercussions sur l'emploi ne pourront être évaluées qu'en 2003, l'intégration se traduira par un redimensionnement du siège de Danzas à Bâle, avec des suppressions d'emplois à la clé.

Décision a priori surprenante, la marque Danzas doit disparaître au profit de l'enseigne DHL à partir d'avril 2003. Or Danzas est leader mondial du fret aérien et occupe le deuxième rang dans le fret maritime (derrière Kühne & Nagel). Les divisions Danzas Eurocargo (transport terrestre en Europe) et Danzas Solutions (solutions logistiques d'entreprises ou Supply Chain Management) seront intégrées à DHL et dirigées depuis le siège de DHL à Bruxelles. En revanche, Danzas AEI intercontinental (fret aérien et maritime) continuera d'être dirigée depuis Bâle sous la nouvelle enseigne de DHL Danzas Air & Ocean. Enfin, les livraisons express qui s'effectuent actuellement sous les deux marques Danzas Euro Express et DHL seront elles aussi réunies. «Le regroupement des activités sous la marque DHL permettra d'optimiser le réseau de transport, de développer les services à la clientèle et de réduire les redondances» précise le communiqué diffusé jeudi par Danzas.

A l'avenir, la marque Danzas ne sera donc visible qu'au sein de l'unité DHL Danzas Air & Ocean. «Danzas est une marque avant tout européenne alors que DHL est connu dans le monde entier» justifie Rainer Meier, porte-parole à Bâle. Si l'enseigne disparaît, la société bâloise conserve son autonomie juridique au sein du groupe Deutsche Post.

Si Danzas a démenti le transfert de son siège à Bonn, en Allemagne, ainsi que l'avait laissé craindre la presse bâloise, la société a donc admis que «certains des emplois du siège actuel seraient éliminés ou transférés à Bruxelles». En plus du siège central, les activités européennes de Danzas seront elles aussi touchées par l'intégration alors que les activités intercontinentales ne le seront pas. «Plus d'un tiers des quelque 340 emplois situés à Bâle pourraient être supprimés ou transférés à Bruxelles», estime Rainer Meier. «Si le transfert des ressources humaines, de la communication et des finances à Bruxelles semble acquis, le sort d'autres activités, telles que l'informatique n'a pas encore été décidé» explique Rainer Meier.

Ce dernier se veut pourtant rassurant: «Nous sommes confiants car les employés de Danzas dans la cité rhénane se recrutent parmi une trentaine de nationalités s'exprimant dans 22 langues. Pour ces gens-là, travailler à Bâle ou à Bruxelles ne fait pas tellement de différence». Danzas ne peut donc s'avancer pour l'instant sur le nombre de postes susceptibles d'être supprimés au niveau du groupe. Ce dernier emploie actuellement quelque 45 000 personnes dans le monde dont 1700 en Suisse.

Depuis son entrée dans le giron de Deutsche Post, au fur et à mesure des acquisitions, Danzas a vu ses effectifs tripler. Et une évolution similaire a été observée à Bâle. L'intégration sous l'emblème de DHL s'inscrit d'ailleurs dans la tendance des sociétés actives dans ce secteur à offrir aux entreprises des solutions logistiques globales ou complètes.

Deutsche Post a mis en place le programme STAR pour compenser la baisse du prix des timbres qui lui a été imposée par les autorités allemandes à partir de janvier 2003. STAR doit permettre à Deutsche Post d'augmenter son bénéfice d'exploitation EBITA (avant amortissements financiers) de 40% pour le porter à 3,1 milliards d'euros d'ici à 2005», selon les objectifs fixés par Klaus Zumwinkel, le président du conseil du directoire.