Cryptovalley

Les DAO offrent de nouveaux modèles d’organisation

CHRONIQUE. Les nouvelles formes de travail exigent de nouveaux modèles d’organisation, et la blockchain offre des pistes intéressantes en la matière

Alors que le Forum de Davos termine sa semaine en épicentre mondial du pouvoir centralisé, la cryptosphère se prépare à l’ouverture d’Aracon, une conférence regroupant des participants du monde entier à Berlin avec pour but de réfléchir à l’évolution des organisations décentralisées. Les organisations décentralisées (autrement nommées DAO, pour decentralized autonomous organizations) sont une des applications les plus intéressantes de la technologie blockchain, car elles permettent d’établir une relation de confiance entre des personnes ne se connaissant pas personnellement et souhaitant partager des resources ou prendre des décisions sur des objectifs communs.

Aujourd’hui, un groupe de personnes travaillant en vue d’un même but peut s’organiser en société et bénéficier ainsi d’un cadre offert par l’Etat, fixant par exemple des règles sur les droits de vote des sociétaires, l’élection des organes et la répartition des bénéfices. En cas de non-respect des règles fixées par la loi, un juge peut être activé afin de corriger la situation.

La triche rendue impossible

La vision des DAO est de désintermédier l’Etat et de définir les règles régissant la collaboration entre les parties dans un cadre fixé directement par elles et garanti par des smart contracts (contrats intelligents) s’exécutant automatiquement. Avec un tel système, il n’est plus possible de tricher en premier lieu, car aucune action ne peut être prise en dehors des règles du jeu prédéfinies. Ce type d’organisation est aussi très solide et durable parce que, étant basée sur la blockchain, elle est résiliente et ne peut pas être sujette à la censure d’un Etat.

La précédente chronique: «BUIDL!»

Alors que de nouveaux modèles de travail apparaissent, les entreprises sont limitées par la complexité du système, notamment en ce qui concerne la nature des rapports de travail. On a vu cette question apparaître avec Uber: un chauffeur est-il un employé ou un entrepreneur? Qu’en est-il dans le cas d’un service en ligne rassemblant des individus effectuant des tâches à haute valeur ajoutée à la demande et mettant leur expertise à disposition auprès de clients du monde entier? Les nouvelles formes de travail exigent de nouveaux modèles d’organisation.

A terme, des sociétés comme Uber pourraient être entièrement décentralisées et basées sur des transactions de pair à pair entre les différents acteurs du système. Mais au-delà d’un simple produit technique, la grande force d’une entreprise comme Uber est son pouvoir de mettre un véhicule à disposition de ses clients en cinq minutes dans des milliers de villes du monde. Pour que 2019 soit l’année des DAO, il faudra que des équipes développent les modèles d’affaires de ces nouvelles plateformes et travaillent sur la création de produits convaincants et faciles d’utilisation.

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