Pierre Landolt s'est fait représenter au World Microfinance Forum Geneva. La Fondation de famille Sandoz, qu'il préside, figure pourtant en tête des soutiens à cette conférence qui a fait venir le Prix Nobel Yunus. Le banquier vaudois manifeste de cette manière la distance qu'il prend avec l'approche «trop financière» adoptée à Genève, explique-t-il au Temps. La microfinance doit rester une affaire «locale», selon lui.

«Les fonds basés en Europe n'ont qu'une faible connaissance du terrain, même s'ils envoient régulièrement leurs analystes sur place, poursuit Pierre Landolt. Les institutions locales sont bien mieux équipées, sans oublier qu'elles ne fonctionnent pas avec des coûts occidentaux.» A la tête d'Instituto Estrela, au Brésil, spécialisé dans la microfinance, il se dit «choqué» par les écarts de taux d'intérêt. «A titre d'exemple, l'Instituto Estrela a fait une demande de fonds auprès d'une institution européenne. Cette dernière nous proposait un taux de 16%. Nous nous sommes tournés vers une banque brésilienne, qui nous a ouvert une ligne de crédit à 9,6%.»

Pour Pierre Landolt, «les investisseurs, fonds de pension en tête, pourraient s'adresser directement aux institutions locales dans les pays de destination, plutôt que de passer par un intermédiaire occidental». Avant d'ajouter que «trop d'argent afflue. Ce qui compte maintenant, c'est l'amélioration du système et de l'information». Ce à quoi s'emploie d'ailleurs le Forum que sa fondation soutient.

Autre regret du Brésilien d'adoption: «Il faudrait reconnaître les besoins en microfinance à nos portes, en Europe, et même en Suisse où je salue le travail de la Fondation ASECE-Georges Aegler.»