Pierre Mirabaud en a rêvé, David Hiler semble prêt à le faire. Il y a moins de quinze jours, lors d'une conférence à Genève, le président de l'Association suisse des banquiers appelait de ses vœux une baisse de la fiscalité frappant les hedge funds. «Le gouvernement britannique vient de changer les règles fiscales offertes aux gérants [de ces fonds alternatifs]. Cette profession n'est pas exercée en Suisse. Nous pourrions l'attirer, mais il faut changer très vite nos textes légaux [...], d'ici deux à trois mois», espérait-il.

«Excellente idée»

Le ministre des Finances genevois semble avoir entendu son appel. Jeudi dernier, devant l'assemblée générale de la Fédération des entreprises romandes, David Hiler a annoncé que le canton allait étudier «toutes les possibilités légales et politiques» pour faire venir ces gérants, indiquait samedi La Tribune de Genève. Le magistrat vert était injoignable dimanche pour préciser ses propos et détailler son calendrier d'action.

Cité par la TdG, le premier secrétaire du Groupement des banquiers privés genevois a parlé d'une «excellente idée», relevant qu'en 2007plus de 7000 de ces fonds, dont l'objectif est de ne jamais perdre d'argent, étaient domiciliés aux îles Caïmans, contre 150 en Suisse.

Gérant très en vue à Genève depuis qu'il a quitté Londres, Philippe Jabre a ainsi choisi d'installer sa société de gestion au bout du lac. Cependant, il a préféré les Caïmans pour y enregistrer son hedge fund JabCap Multi Strategy Fund, lancé l'an dernier et qui gère plus de 3,5 milliards de dollars. Le territoire britannique ne prélève aucun impôt sur la fortune, les rendements ou les plus-values.