Sommet

Davos prévoit cette année de disséquer le progrès

Outre l’usine du futur, le 46e Forum économique mondial se penchera sur les grandes questions géopolitiques, environnementales et sociales du moment

L’industrie 4.0 prend forme sous nos yeux. Dans un élan inédit par sa vitesse, son ampleur et ses conséquences politiques, économiques et sociales. Le phénomène a été qualifié, mercredi pour la présentation du 46e Forum de Davos, de «tsunami» par le fondateur et président du WEF, Klaus Schwab. Auteur d’un ouvrage résumant les défis de cette nouvelle révolution mondiale, l’ingénieur et économiste de 77 ans précise: «Ce qui est en train de se passer est difficilement, pour ne pas dire impossible à gérer politiquement et législativement.»

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La numérisation à l’extrême des échanges et des produits, dans un système mondial totalement interconnecté, va accroître le chômage et les tensions sociales, prédit Klaus Schwab. Une disruption de l’économie et de ses forces vives, qu’il est urgent selon lui de décrypter du 20 au 23 janvier à Davos. dans l’espoir de mieux en maîtriser les effets à l’avenir, vu que «cette déferlante affecte directement les piliers de nos démocraties», assène-t-il.

Pour tenter d’appréhender le phénomène, plus de 2500 décideurs politiques, scientifiques, chefs d’entreprise et autres représentants du secteur privé ou de la société civile vont converger vers la station grisonne. Les organisateurs annoncent même une affluence gouvernementale record, avec la plus importante délégation américaine jamais venue à Davos. Parmi les absents toutefois: la Corée du Nord. Pyongyang avait en effet accepté de venir pour la première fois en 18 ans. Mais le WEF a retiré cette semaine son invitation suite aux essais nucléaires de la République populaire démocratique de Corée.

Dans le camp des acteurs de la disruption, sont attendus notamment le patron d’Alibaba, Jack Ma, Satya Nadella de Microsoft ou Devin Wenig d’eBay. Le monde des réseaux sociaux sera notamment représenté par Sheryl Sandberg, de Facebook.

Approche systémique

À l’agenda de la rencontre, figurent également la cybersécurité, les nouvelles technologies appliquées notamment à la santé, l’environnement et autres énergies alternatives. Mais aussi le cycle de Doha lancé dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce ou les questions géopolitiques du moment, comme la crise migratoire, la menace terroriste et ses effets notamment sur l’industrie du tourisme.

Une telle exhaustivité de programme n’est-elle pas trop ambitieuse, le Sommet annuel ne durant que quatre jours? «Il y a beaucoup d’autres réunions dans le monde. Mais ces dernières, compartimentées, sont plus spécialisées par thèmes. Davos joue la carte de l’interconnexion, par opposition à une vision simplifiée des enjeux qui nous entourent. Notre approche est systémique», conclut Klaus Schwab.

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