Amazon ne tient pas le rythme. La multinationale américaine a beau être citée en exemple depuis des années pour la qualité et l’efficacité de sa logistique, elle est désormais débordée par une demande qui ne cesse de croître. En l’espace de quelques heures, la société basée à Seattle a ainsi annoncé la création d’une liste d’attente pour son service de livraison de produits d’épicerie et l’embauche de 75 000 employés supplémentaires.

Ainsi, la société fondée et dirigée par Jeff Bezos a annoncé lundi soir une nouvelle vague de recrutements, avec un appel directement adressé aux millions d’Américains qui sont en train de perdre leur emploi: «Nous savons que de nombreuses personnes ont été touchées par les suppressions d’emplois ou les mises au chômage dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme. Nous invitons toute personne sans emploi à nous rejoindre jusqu’à ce que la situation revienne à la normale et que leur ancien employeur puisse les réembaucher», a écrit la multinationale dans un communiqué.

Encore derrière Walmart

Ces 75 000 nouveaux emplois sur sol américain viennent s’ajouter aux 100 000 postes de travail créés fin mars pour répondre à la demande. Au total, Amazon disposera dans quelques jours de plus de 950 000 employés au niveau mondial et la barre du million sera sans doute franchie durant la pandémie. Le géant de l’e-commerce n’est cependant pas le plus important employeur sur la planète. C’est une autre société américaine, Walmart. Le numéro un mondial des supermarchés possède 2,1 millions d’employés au total, dont 1,3 million aux Etats-Unis. Walmart est lui aussi en train d’engager: il recherche, d’ici fin mai, 150 000 nouveaux collaborateurs pour travailler dans ses centres logistiques et dans ses magasins.

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Si Amazon engage autant, c’est pour tenter de tenir le choc face aux demandes de livraison. Dimanche, la société annonçait qu’elle allait mettre sur liste d’attente ses nouveaux clients pour ses magasins Whole Foods. Les heures de magasinage dans certains de ses magasins seront aussi réduites. Le but, c’est de prioriser les commandes des clients existants achetant des aliments en ligne. Actuellement, Amazon gère 487 magasins Whole Foods aux Etats-Unis.

Offre restreinte

En parallèle, la société de Jeff Bezos va autoriser à nouveau, sur sa plateforme, la vente de produits moins essentiels. Il y a près d’un mois, la firme avait décidé de donner la priorité aux équipements médicaux, aux protections sanitaires et aux produits de première nécessité. «Plus tard cette semaine, nous autoriserons plus de produits dans nos centres logistiques», a déclaré un porte-parole de la société à l’AFP.

Si Amazon est en plein boom, la société est aussi sous le feu des critiques tant aux Etats-Unis qu’en France, où employés et syndicats l’accusent de ne pas prendre assez de mesures pour protéger la santé de ses employés.

Jugement en France

Ainsi, mardi après-midi, le Tribunal judiciaire de Nanterre ordonnait à Amazon France d’établir une évaluation des risques inhérents à l’épidémie de Covid-19 sur ses entrepôts et de restreindre en attendant son activité aux seuls produits essentiels, selon le jugement obtenu par l’AFP. Selon le tribunal, la société a «de façon évidente méconnu son obligation de sécurité et de prévention de la santé des salariés». Amazon ne doit vendre que des produits alimentaires, d’hygiène et médicaux, «sous astreinte d’un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée».