Au cœur des marchés

Début d’été difficile pour le métal jaune

Le climat géopolitique international alimenté par les politiques incertaines du président américain Donald Trump, devrait logiquement soutenir le cours de l’or

L’once d’or se rapproche dangereusement de la barre des 1200 dollars alors qu’il a échoué à deux reprises à franchir les 1300 USD au cours du printemps 2017. Si la récente tension sur les rendements américains peut expliquer cette évolution, il est étonnant de constater que la faiblesse récente de la devise de l’Oncle Sam n’a en rien soutenu les cours du métal jaune. L’or aurait-il donc perdu tout attrait pour les investisseurs?

Il est vrai que les chiffres économiques récents ont renforcé le sentiment optimiste des opérateurs sur les développements conjoncturels internationaux. Grâce à une économie européenne qui ne cesse d’afficher des statistiques plus fortes qu’escompté, le scénario d’une normalisation économique s’est imposé comme l’expression du consensus. Dans ce contexte, l’absence de réelle pression inflationniste est venue renforcer l’idée que l’économie mondiale s’est installée sur la voie d’une reprise pérenne. En d’autres termes, la moins bonne tenue de l’or ne ferait que sanctionner la réduction des incertitudes économiques. Si l’on y ajoute que le coût d’opportunité de l’or – soit les rendements obligataires nominaux et surtout réels – s’est accru, on peut justifier le fait que l’once vienne titiller la barre des USD 1200.

L’Amérique semble avoir perdu le nord

A contrario, un certain nombre de développements nous semble nettement moins compatible avec ce recul des cours. Il y a d’abord le climat géopolitique international, qui est loin d’avoir gagné en sérénité. Dans un contexte où l’Amérique semble avoir perdu le nord dans la conduite des affaires internationales – les divisions affichées au sein de l’administration US sur l’affaire qatarie n’en sont que l’expression la plus récente - et alors que la «lune de miel» entre Pékin et Washington pour résoudre la crise nord-coréenne semble avoir fait long feu, il est présomptueux d’affirmer que les relations internationales sont entrées dans une période de calme olympien. On pourrait d’ailleurs multiplier les exemples de points de frictions potentiels.

Sur le plan économique, on pourrait même défendre l’idée que la situation n’est pas aussi claire que certains veulent le croire. A cet égard, les dernières semaines ont été marquées par une inflexion notoire dans un domaine fort important: la politique monétaire. Si les liquidités demeurent abondantes, la Réserve fédérale a clairement réaffirmé sa volonté de poursuivre le processus de normalisation des taux. De plus, certains signaux lancés par la BCE semblent indiquer qu’une réduction de l’ajustement quantitatif est au coin de la rue (annonce en septembre?) sur le Vieux Continent.

Volatilité sur les marchés

Dès lors, les réactions que l’on observe sur les marchés obligataires et sur les bourses depuis quelques semaines peuvent légitimement conduire à se demander si les incertitudes économiques et financières sont réellement en voie de réduction. Les changements durables de cap monétaire ont été, par le passé, la source de marché plus chahutés.

Parce que les alternatives pour se prémunir contre un retour plus large de la volatilité sur les marchés financiers sont rares d’une part et parce que, d’autre part, certains sont tentés de voir dans ce comportement plus erratique des changes les signes avant-coureurs de ce potentiel regain de volatilité, la conservation d’une exposition sur le métal jaune nous semble se justifier dans une allocation diversifiée.

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