Quelque 180 000 passagers de Lufthansa seront affectés jeudi et vendredi par une grève «massive» de 48 heures de son personnel de cabine en Allemagne, qui a contraint la compagnie à annuler au total 1300 vols. A l'appel du syndicat UFO, cet arrêt de travail doit durer de 1 heure jeudi (heure Suisse) à 1 heure samedi et entraîner la suppression de 700 vols jeudi et 600 vendredi.

Habituellement, une telle grève n'occasionne toutefois pas de pagaille dans les aéroports, Lufthansa ayant informé les passagers et conseillé à ceux concernés par des annulations de ne pas se rendre à l'aéroport.

Dimanche 20 octobre, UFO avait déjà organisé une grève dans quatre filiales du groupe Lufthansa, entraînant une centaine de suppressions de vols. Mais la compagnie principale n'était pas visée: Lufthansa avait accordé une augmentation de 2% des salaires, plus que demandé par UFO. Le syndicat a cependant décidé d'enclencher ce nouveau mouvement social en raison «du refus persistant de Lufthansa de négocier» sur ses autres revendications, a-t-il expliqué dans un communiqué.

Des options de vols proposées

La compagnie a précisé que ses filiales (Eurowings, Germanwings, Sunexpress, Lufthansa Cityline, SWISS, Edelweiss, Austrian Airlines, Air Dolomiti et Brussels Airlines) n'étaient pas concernées par la grève. UFO se réserve cependant le droit d'étendre de futures actions aux filiales.

Swiss reliera ce jeudi la Suisse aux aéroports allemands avec de plus gros appareils, a indiqué un porte-parole à l'agence de presse AWP. L'idée étant de proposer d'autres options de vol aux passagers touchés par le mouvement. «Sinon, nous ne serons pas affectés par la grève», a-t-il ajouté.

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Afin de pouvoir proposer d'autres options de vol aux passagers touchés par la grève, la compagnie étudie sur quelles lignes ces compagnies aériennes pourraient utiliser des appareils plus gros.

Lufthansa offre aussi à ses clients de réserver sans délai et gratuitement un vol avec une compagnie du groupe dans les dix prochains jours. Concernant les lignes intérieures allemandes, ils pourront utiliser la Deutsche Bahn, que leur vol soit annulé ou non. «Nous ferons tout pour réduire au minimum l'impact pour nos clients qui souffrent de cette grève massive», a expliqué un porte-parole du groupe aérien.

La survie d'un syndicat en question

Pour le syndicat UFO, fragilisé par un conflit permanent à sa tête, cette grève est aussi un test de sa capacité à mobiliser alors qu'un tribunal allemand doit se pencher en avril prochain sur sa légitimité à représenter les salariés.

Le groupe conteste le statut du syndicat et refuse de négocier avec les dirigeants d'UFO avant une nouvelle élection du directoire début 2019. Lufthansa a également engagé des discussions en coulisses avec le syndicat Verdi pour que celui-ci prenne également en charge la cabine en plus du personnel au sol.

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UFO est «à moitié mort», avait récemment jugé le quotidien allemand Tagesspiegel, tandis que selon Handelsblatt, sa «situation financière est difficile». Le syndicat reste toutefois encore majoritaire parmi les quelque 21 000 employés travaillant dans les cabines, précise Handelsblatt.