Le Temps: Le projet y-o-u a occasionné pour 151 millions de francs de charges sur les comptes 2000 du groupe Vontobel. Quel sera le solde de coûts d'un projet estimé récemment à 167 millions?

Tony Reis: Il n'y aura pas de solde à porter sur les comptes de Vontobel cette année. Je ne peux pas vous donner de chiffres, car nous devons d'abord nous mettre d'accord sur la liquidation de la société avec nos partenaires. Et ceux-ci sont près d'une centaine.

– On évoque comme facteur principal de coûts ceux occasionnés par les consultants, au nombre de 200?

– C'est un facteur de coût très important puisque nous avons d'emblée mandaté PriceWaterhouseCooper, il y a un an. Mais le nombre de consultants a varié selon l'état d'avancement du projet.

– Est-ce à ce poste que les coûts ont été dépassés?

– Je n'entre pas dans ces considérations.

– Comment s'est déroulée votre collaboration avec l'entreprise de logiciels Think Tools, qui contrôle 18% de «y-o-u»?

– Notre décision d'abandonner le projet n'a rien à voir avec Think Tools. Leurs logiciels ont très bien fonctionné et la collaboration a été bonne.

– Quel enseignement tirez-vous de cet abandon? N'aurait-il pas été préférable de vous associer avec un grand groupe, comme Swiss Life, qui vient également de lancer une banque virtuelle?

– Je pense qu'il ne s'agit pas seulement d'une question de taille. Ce n'est pas en «mettant le paquet» sur la taille que l'on peut résoudre la question de la complexité d'un projet. Quant à la possibilité de collaborer avec un grand groupe, la question ne s'est pas posée. Nous savions d'emblée que notre projet était ambitieux. Dans pareil cas, on court le risque d'arrêter soit trop tôt, soit trop tard. Nous avons pris la décision définitive hier de l'arrêter.

Propos recueillis par P. K.