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Un chalet revisité par DeepArt. 
© Bloch Ghislaine (blg)

Algorithmes

DeepArt transforme les selfies en tableaux de maîtres

Près de 100000 personnes se sont déjà connectées au site web, lancé en début d’année

Lukasz Kidzinski, chercheur au Laboratoire d’ergonomie éducative de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, a développé, en collaboration avec l’Université de Tübingen en Allemagne, le projet DeepArt. Il s’agit d’algorithmes qui permettent de réaliser une peinture numérique à partir de n’importe quelle photographie.

«Un selfie peut être transformé en tableau de Van Gogh ou Matisse», explique Lukasz Kidzinski. L’utilisateur soumet une photo à l’ordinateur et lui demande de créer un tableau suivant un style ou un artiste particulier. «L’algorithme analyse l’image pour en extraire les éléments principaux, comme un visage ou un objet», précise le chercheur. Le programme va alors peindre une image en comparant sans cesse les éléments de départ avec le tableau dont il doit s’inspirer. Après environ 10 minutes de calcul, les algorithmes de DeepArt délivrent l’œuvre selon le style artistique sélectionné. «Nous proposons près de 1000 styles artistiques différents», note le jeune entrepreneur.

Le procédé fait appel à des algorithmes d’apprentissage automatique avec un haut niveau d’abstraction, utilisés par exemple pour la reconnaissance faciale ou la vision par ordinateur. Au mois de janvier, Lukasz Kidzinski a créé avec quatre associés, la start-up DeepArt à Tübingen. «Près de 100 000 personnes se sont déjà connectées à notre site web, lancé en début d’année», précise-t-il. Si l’accès au site est gratuit, la start-up espère générer des revenus grâce à certains services, à l’exemple de l’envoi de posters ou de tableaux, réalisés grâce aux algorithmes de DeepArt.

La start-up bâloise Appamics a aussi lancé une application permettant d’allier art et technologie. Dénommé Portraits Play, cette application s’est fait connaître lors d’une exposition à la Phillips Collection à Washington en automne dernier. Le portrait du visiteur était transformé, selon le style de Marc Chagall, Ferdinand Hodler, Alexej von Jawlensky ou Edouard Manet. En s’approchant, par exemple, d’un tableau, le selfie du visiteur était automatiquement revisité en fonction de style de l’artiste. La présence du visiteur était détectée via Bluetooth.

Les machines rendront-elles bientôt le coup de pinceau humain obsolète? «DeepArt n’est pas une menace pour l’art, au contraire. Il offrira sans doute de nouvelles possibilités d’expression artistique», estime Lukasz Kidzinski. Le projet pourra par exemple intéresser les historiens d’art, en les aidant à restaurer des œuvres endommagées.

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