DETTE

Les défections autour de Silvio Berlusconi

La majorité du Cavaliere s’effrite dangereusement

«J’irai de l’avant.» Alors que la majorité de droite de Silvio Berlusconi multiplie les signes de nervosité, le chef du gouvernement italien n’entend pas reculer. Mais, devant l’aggravation de la situation économique et financière, certains de ses partisans considèrent désormais publiquement que le Cavaliere devrait démissionner pour donner naissance à une majorité plus large en mesure de prendre les décisions urgentes et impopulaires qui s’imposent pour sortir l’Italie de la tempête. Hier encore, deux députées ont annoncé qu’elles quittaient le parti du Peuple de la liberté (PdL). Avec les défections des jours précédents, sur le papier, Silvio Berlusconi ne dispose plus pour l’instant de majorité à la Chambre.

Face à cette situation, le chef de l’Etat, Giorgio Napolitano, a déjà reçu les responsables des principaux partis politiques pour faire le point et se tenir prêt en cas de crise politique soudaine. Les centristes de Pierferdinando Casini ont déjà fait savoir qu’ils étaient disposés à former un gouvernement d’unité nationale, voire à apporter leur soutien à l’actuelle majorité de droite à une condition: que Silvio Berlusconi cède la place de premier ministre. Irrecevable pour l’intéressé, qui a justifié il y a quelques jours son attitude en ces termes: «J’ai envie d’abandonner mais, vu les responsables de l’opposition, qui sont divisés sur tout, j’éprouve un sens de responsabilité pour le bien du pays et de mes enfants.»

«Je ne lâche pas»

C’est l’une des dernières cartes dont dispose le patron de la droite italienne: l’hétérogénéité de ses adversaires qui, s’ils se montrent unis pour demander son départ, ne partagent pas les mêmes analyses sur les moyens de résoudre la crise financière. L’autre hypothèse, à savoir un gouvernement technique, dirigé par des experts comme l’économiste Mario Monti, est une hypothèse de plus en plus souvent avancée. Notamment en souvenir de l’expérience de 1993 du cabinet conduit par l’ancien gouverneur de la Banque d’Italie Carlo Azeglio Ciampi, qui avait permis à l’Italie de remettre en ordre ses comptes et de calmer les marchés.

Reste que Silvio Berlusconi rejette aussi cette solution. Pour faire pression sur les parlementaires de sa majorité qui pourraient être tentés de soutenir une telle éventualité, le chef du gouvernement ne cesse de répéter: «En cas de chute de mon gouvernement, la parole doit revenir aux urnes.» Or les élus de droite ne sont pas pressés de revenir devant les électeurs. «Je ne lâche pas, qu’ils votent une motion de défiance contre moi», a indiqué sous forme de défi mercredi soir le Cavaliere, qui posera la question de confiance sur le paquet de mesures économiques approuvé en Conseil des ministres. Mais il le fera au Sénat, où il dispose d’une large majorité. A la Chambre des députés, à l’inverse, Silvio Berlusconi n’est plus à l’abri d’une embuscade fatale.

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