Moda, une société américaine spécialisée dans la gestion de la propriété intellectuelle, vient d'ouvrir sa filiale européenne à Genève. «Nous travaillons sur l'extension et l'exploitation d'une marque connue dans de nouveaux créneaux», explique son directeur Julien Borne. Exemples: le New York Times est certes un journal, mais c'est aussi un jeu électronique de mots croisés. Licra ne désigne pas seulement des sous-vêtements féminins, mais aussi des cosmétiques.

Une marque, plusieurs produits

En effet, pourquoi limiter l'utilisation d'une marque à succès à son seul secteur d'activité? Selon Julien Borne, les propriétaires de marques, s'ils n'ont pas eux-mêmes de projets de les utiliser dans d'autres domaines, peuvent attribuer des licences en échange de royalties. Moda Genève, qui occupe une dizaine de personnes, est entrée activement dans la phase de recherche de clients.

L'implantation de la société américaine vient confirmer la place de Genève comme la plaque tournante de la gestion et de la protection de la propriété intellectuelle. Hier jeudi, un centre d'informations sur le même sujet a débuté ses activités à Genève (lire ci-dessous).

Selon Mathias Brosset, responsable du département juridique de Sedin Intellectual Property Counsels, la présence de l'Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle (OMPI) et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) explique la présence de nombreux bureaux de conseil et d'avocats spécialisés dans le domaine. «Les centres de protection de la propriété intellectuelle se développent aussi là où il y a une large production de brevets, marques, design ou encore de noms de domaine pour Internet», poursuit-il. A ce propos, la Suisse, où le savoir et le savoir faire constituent la principale matière première, était le 8e pays à demander l'enregistrement des brevets auprès de l'OMPI, avec 2855 demandes en 2003, et le 3e par rapport aux marques, avec 2204 applications.