On s'en doutait: les 1700 milliards d'euros alloués par les pays de la zone euro à leurs plans de sauvetage bancaire vont sérieusement détériorer leurs finances. La Commission européenne en a donc tiré les conséquences hier, en mettant en avant la «flexibilité» du Pacte de stabilité qui limite à 3% le déficit public annuel des pays de l'UE.

«Les règles doivent demeurer et les lignes rouges aussi, a précisé le commissaire à l'Economie Joaquin Almunia. Mais les marges de manœuvre doivent être utilisées. Le pacte ne doit pas seulement servir à réduire les déficits.»

Tout en expliquant que «flexibilité» n'est pas synonyme de «laisser-faire», Joaquin Almunia et le président de la Commission, José Manuel Barroso, ont confirmé que les «circonstances exceptionnelles» actuelles seront prises en compte pour juger les comptes publics de l'UE. Comme prévu par le pacte, les déficits excédant «de peu et temporairement» les 3% seront acceptés. Les éventuelles procédures pour déficits excessifs «intégreront la crise dans leurs recommandations et leur calendrier».

Des pays tels que l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Luxembourg, tenants de l'orthodoxie budgétaire, craignent un endettement public aggravé. Mais l'urgence est passée par là. «Nous nous tenons prêts à assister financièrement nos membres à court et moyen terme, a répété José Manuel Barroso, bien décidé à profiter de la crise pour installer la Commission au centre du débat économique européen. Notre objectif est d'appliquer les règles communautaires avec un maximum de flexibilité.»

En plus de débloquer 6 milliards d'euros pour la Hongrie, la Commission va proposer que la facilité européenne d'aide à la balance des paiements passe de 12 à 25 milliards d'euros grâce à l'émission d'obligations garanties par l'UE. Cette décision devrait être avalisée lors de l'Ecofin du 4 novembre, qui précédera le sommet européen du 7 à Bruxelles. Avant la réunion du G20 le 15 à Washington.

Un plan de relance sera présenté par la Commission le 26 novembre. L'accélération des déboursements du fonds de cohésion 2007-2013 doté de 350 milliards d'euros, le recours accru à la Banque européenne d'investissement dotée d'un fonds de 30 milliards d'euros pour les PME et l'utilisation du Fonds d'ajustement à la mondialisation (500 millions d'euros par an) sont à l'agenda.