Des tarifs inférieurs de plus de 90% aux offres proposées par les autres courtiers helvétiques en moyenne et une part de marché de 25% visée en Suisse. La société néerlandaise DEGIRO a annoncé la couleur à l’occasion du lancement jeudi de sa plateforme dans notre pays.

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Pourquoi réaliser une expansion maintenant en Suisse? Rencontré mercredi à Zurich, Gijs Nagel, le directeur de DEGIRO, a rappelé que la société basée à Amsterdam s’est établie dans 17 marchés européens en l’espace de deux ans. «Nous agissons comme les sociétés internet qui réalisent en très peu de temps une expansion simultanée sur plusieurs marchés», explique le cofondateur du courtier en ligne qui compte actuellement 130 000 clients à travers l’Europe, dont plus de la moitié hors des Pays-Bas.

Les clients actifs dans le viseur

Sa recette est de proposer dans chaque pays des tarifs très inférieurs à la concurrence. «Nous ciblons essentiellement des nouveaux clients qui n’ont pas encore de compte en ligne ou ceux qui en détiennent déjà un auprès de courtiers concurrents. En revanche, les clients des établissements bancaires classiques viennent rarement chez nous», analyse-t-il. En Suisse, à titre d’exemple, l’achat d’actions de Swiss Re pour une valeur de 1000 francs entraînera des frais de courtage de 5,40 francs chez DEGIRO, comparé à une moyenne de 28 francs proposée par la concurrence. Un client suisse qui achèterait pour 5000 francs d’actions de Google Alphabet paiera 60 centimes de frais chez DEGIRO, comparé à un peu plus de 37 francs en moyenne pour les offres concurrentes de dix autres établissements en Suisse.

Une plateforme largement automatisée

Des prix aussi bas pourront-ils être maintenus sur la durée? «Nos tarifs ne sont pas une attrape», souligne le directeur, qui ajoute que la société parvient à être rentable grâce aux volumes élevés traités et une structure informatique entièrement automatisée.

Pour une transaction de 5,40 francs, comme citée précédemment, les coûts réellement liés au traitement des ordres en bourse et de clearing se situent aux environs de 2 francs, le reste revient aux banques ou sociétés de courtage, estime-t-il. «Nous ne sommes pas bon marché, ce sont les autres qui sont chers», s’exclame-t-il.

Son principal concurrent aux Pays-Bas cherche à se reconvertir

Gijs Nagel est convaincu que DEGIRO parviendra à ravir d’importantes parts de marché en Suisse au détriment des offres concurrentes, comme cela a été le cas sur son marché d’origine. «Aux Pays-Bas, le courtier en ligne leader sur le marché, avant notre arrivée, était Binck. Depuis, cette société a vu ses parts de marché passer de 40% à 20% dans le courtage en ligne aux Pays-Bas et cherche désormais à se diversifier dans d’autres secteurs d’activité», souligne-t-il.

Ségrégation intégrale des actifs

Qu’en est-il de la sécurité des données? Celles-ci sont déposées sur des serveurs situés aux Pays-Bas; parfois aussi à Londres ou à Hongkong en fonction des marchés utilisés. DEGIRO n’utilise pas l’informatique en nuage («cloud») pour conserver ses données, sans quoi elles seraient visibles par les grandes sociétés informatiques américaines. Sur le plan réglementaire, la société est surveillée par l’Autorité des marchés financiers (AFM) néerlandaise ainsi que par la banque centrale des Pays-Bas (DNB). Autre point clé qu’il souligne: la société assure une ségrégation intégrale des actifs. Les avoirs de la clientèle ne seraient ainsi pas mis en danger en cas de faillite de la société.