La représentation du personnel de Merck Serono à Genève s’est constituée de manière extralégale, a appris Le Temps. Pour former une telle délégation, le cadre réglementaire suisse exige un scrutin conjoint entre l’employeur et tous les travailleurs. Cette élection pour la division genevoise a eu lieu en avril sous les auspices du syndicat Unia, après l’annonce de fermeture du site. C’est-à-dire dans l’urgence, mais hors du cadre légal fédéral.

«Pour éviter un désistement des candidats à la relocalisation, Merck Serono doit discuter avec ces représentants du personnel improvisés», analyse Me Pierre Heger, conseiller juridique du syndicat Employés Suisse. Si cette délégation est «hors la loi», elle n’en demeure pas moins légitime (de fait) selon Merck Serono. Rappelons que ces représentants ont été élus par quelque 650 collègues, soit un peu plus de la moitié des employés de la biotech. Mercredi, 200 salariés escortés de leurs délégués formés sur le tas doivent manifester à Darmstadt.

Quelle crédibilité si la procédure était irrégulière? «Nous sommes dans une logique d’affrontement, pas de coopération», précise Alessandro Pelizzari, secrétaire régional d’Unia, rappelant l’incohérence de la législation helvétique en la matière. En l’espèce, le minimum légal – si 100 employés le demandent, l’entreprise doit procéder à un vote général suivi d’une élection – était apparemment impossible à atteindre. Le groupe allemand a, semble-t-il, et en dépit des efforts d’Employés Suisse, tout fait pour éviter qu’une représentation du personnel genevois ne voie le jour. Ce que Merck Serono conteste.

Consultations parallèles

Pourquoi ne pas s’en tenir à une consultation individuelle générale, comme initialement prévu? Avec plus d’un millier d’employés, une telle démarche serait hasardeuse. «Sans délégation valablement constituée pour tous les employés, la direction poursuit en parallèle le processus de consultation avec ceux qui n’ont pas confié de mandat à Unia», précise la multinationale.