Management

Déléguer, oui, mais avec tact

Les cadres ont souvent de la peine à déléguer. Pourtant, la pratique, si elle n’est pas utilisée comme prétexte pour se débarrasser de tâches ingrates, peut profiter aux chefs comme aux employés

«Le problème dans la démarche de déléguer, c’est souvent le chef. Il doit lâcher prise sur son ego, son pouvoir, et accepter que certains processus vont fonctionner sans sa consultation.» Michel Perrin en sait quelque chose: il est lui-même directeur d’Uditis, une entreprise neuchâteloise active dans le domaine informatique. Elle s’est transformée il y a trois ans pour adopter une gestion plus agile.

Conséquence: l’entreprise a remis un maximum d’autonomie à ses collaborateurs. «Nous avons engagé des personnes compétentes et bien payées, il n’y a aucune raison de les infantiliser», estime Michel Perrin. Dans les faits, les employés d’Uditis ne consultent désormais plus leur patron pour nombre de questions. Yoann Jeunet, responsable de comptes clients chez Uditis, vit désormais cette réalité. Pour ce qui est des budgets à attribuer au marketing ou à la formation par exemple, il n’en réfère plus à sa hiérarchie: il est «au courant des tenants et des aboutissants» de ses choix. Le directeur, lui, se dit soulagé: «Je peux me concentrer sur l’essentiel de mon travail, au lieu de me disperser.»