Genève

Le départ de Coty va créer un trou de plusieurs dizaines de millions de francs pour Genève

Le processus de licenciements au sein de la multinationale a commencé. Il pourrait mener à la disparition de 350 postes pour Genève. Un manque à gagner important pour le canton, alors que le budget 2020 est présenté jeudi

Le départ de Coty, entreprise spécialisée dans les cosmétiques basée à Genève, devient concret. Les 600 employés de HFC Prestige International Operations Switzerland Sàrl, l’entité juridique qui regroupe les activités genevoises, ont reçu lundi les premières informations concernant la procédure de consultation en vue des licenciements. Les documents officiels mentionnent le transfert «et/ou la suppression d’environ 350 emplois».

La multinationale a entamé un plan d’économies qui implique le déménagement de son siège fiscal de Genève vers Amsterdam au 1er juillet 2020. Des salariés travaillant actuellement à Londres, New York, Paris et Genève verront l’unité à laquelle ils sont rattachés être délocalisée aux Pays-Bas.

Lire aussi: Coty se recentre à Amsterdam au détriment de Genève

Dans le détail, la migration de la Suisse vers les Pays-Bas concerne les équipes qui travaillent dans les départements suivants: Supply Chain, Consumer Beauty, Export Europe, Travel Retail ainsi que les personnes qui œuvrent dans les fonctions de support et dans le Corporate, énumère un document officiel. La division Coty Professional Beauty (la marque Wella) ainsi que les équipes de recherche et développement sont maintenues à Genève.

HFC Prestige International Operations Switzerland Sàrl est également l’entité fiscale qui regroupe les revenus de la multinationale à l’étranger et qui est au bénéfice d’un forfait fiscal à Genève. Le transfert du siège fiscal sera donc opéré en juillet prochain.

Départ de l’unité la plus rentable

Un connaisseur du dossier souligne que l’activité Travel Retail, soit le Duty Free, est la plus rentable de Coty. Genève concentre un nombre élevé de dirigeants, continue cette source, des dizaines de cadres dont les salaires atteignent aisément les 400 000 francs par an. En prenant une moyenne basse de salaire de 150 000 francs par année pour les 350 personnes concernées, on peut évaluer le manque à gagner pour le canton à plus de 10 millions de francs, rien que pour l’imposition des personnes physiques.

L’impact pour le canton de Genève est donc important. Concernant Coty, «nous avons été effectivement informés que cette entreprise a ouvert une procédure de consultation avec son personnel», confirme le Département de la sécurité, de l'emploi et de la santé par la voix de son porte-parole. «Etant à ce stade dans une phase d’évaluation et de consultation, il est prématuré d’articuler des chiffres précis, communique pour sa part la directrice des Corporate Affairs de Coty, Bree Bovay. Mettre en place tous les changements proposés reviendrait à relocaliser ou supprimer jusqu’à 350 rôles à Genève. Si une suppression de rôles se confirme, un plan social sera mis en place et nous accompagnerons les salariés concernés avec toute une série de mesures.»

Ces restructurations interviennent alors que Japan Tobacco International (JTI) a annoncé vouloir sabrer un quart de ses effectifs genevois. Ces mauvaises nouvelles animeront le débat autour du budget cantonal, qui sera présenté jeudi aux députés puis à la presse. Selon des indiscrétions, le trou prévu à la suite de la votation de la réforme de la fiscalité des entreprises se monte à un demi-milliard de francs.

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