Technologie

Avec le départ d’Eric Schmidt, Google perd son chien de garde

Le président du conseil d’administration d’Alphabet, maison mère de Google, quitte son poste. Il était la face visible de la multinationale

C’est une page importante de l’une des multinationales les plus puissantes de la planète qui se tourne. Eric Schmidt, président du conseil d’administration d’Alphabet, la maison mère de Google, quitte son poste. La nouvelle, annoncée dans la nuit de jeudi à vendredi, ne modifiera pas la stratégie de l’entreprise. Par contre, elle aura une influence sur l’image publique de Google, qu’Eric Schmidt incarnait depuis 2001. Son successeur n’est pas encore connu. 

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C’est le paradoxe de cet homme de 62 ans, aujourd’hui à la tête d’une fortune personnelle estimée à 14 milliards de dollars. Il fut durant des années le visage de Google auprès des médias, des milieux politiques et des autorités de régulation. Mais il demeure, pour le grand public, moins connu que les fondateurs de Google, Larry Page et Sergey Brin. Les deux ingénieurs avaient recruté Eric Schmidt en 2001 pour diriger la société qu’ils avaient fondée trois ans auparavant. Son expérience – il avait notamment travaillé chez Sun Microsystems – et son image de senior furent précieuses pour encadrer la croissance exponentielle de Google. Depuis 2011, Eric Schmidt était président d’Alphabet. Il demeurera membre du conseil d’administration.

Cofondateurs discrets

Aujourd’hui, les cofondateurs de Google sont discrets et n’apparaissent presque plus de manière publique. Larry Page, qui souffre d’une paralysie des cordes vocales, est directeur d’Alphabet. Sergey Brin dirige quant à lui le laboratoire X d’Alphabet et ses projets futuristes. Et Sundar Pichai, directeur de Google, n’apparaît presque que lors de la présentation de produits et de services.

L’influence d’Eric Schmidt semble avoir faibli depuis l’élection de Donald Trump à la présidence du pays.

Eric Schmidt n’a pas seulement réussi à accompagner la transformation de Google, dont la capitalisation boursière est aujourd’hui de 740 milliards de dollars. Il est aussi parvenu à empêcher, aux Etats-Unis, le lancement de toute enquête antitrust contre sa multinationale. Google n’y a jamais été inquiété concernant des pratiques supposées anticoncurrentielles. Alors qu’en Europe, la Commission européenne lui a infligé cet été une amende de 2,4 milliards d’euros pour avoir tenté d’écarter des concurrents du marché.

Influence plus faible

Mais aux Etats-Unis même, l’influence d’Eric Schmidt semble avoir faibli depuis l’élection de Donald Trump à la présidence du pays. Il s’était investi personnellement dans l’élection de Barack Obama et avait aussi fourni un soutien technique et financier à Hillary Clinton. D’autres lobbyistes de Google sont aujourd’hui plus en vue à Washington, rappelait vendredi le New York Times. Et en parallèle, la multinationale doit faire face, au Congrès, à des velléités de réguler les géants de la technologie, notamment en lien avec la supposée ingérence russe lors de la dernière élection présidentielle.

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Une phrase restera collée à la peau d’Eric Schmidt: «Si vous avez une chose à cacher à tout le monde, peut-être que vous ne devriez pas la faire», avait-il lâché en 2009 sur les ondes de CNBC, une phrase liée au respect de la vie privée qui avait suscité un tollé. En parallèle, l’homme, marié, s’est affiché publiquement ces dernières années, notamment lors d’événements professionnels, avec une demi-douzaine de femmes différentes.

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