Après onze années à la tête des autorités de surveillance de la place financière suisse (Finma), Mark Branson exercera les mêmes fonctions en Allemagne (BaFin). La SonntagsZeitung, en se fondant sur des témoignages de personnes proches du dossier, estime que «la vraie raison du départ» n'est pas un appel de l'Allemagne mais un conflit de personnes.

Ses relations avec la présidente Marlene Amstad se seraient détériorées à la suite de l'intervention croissante de cette dernière dans la gestion quotidienne de la Finma. Le porte-parole de l'autorité de surveillance indique au journal dominical qu'il ne commente pas les rumeurs.  

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Marlene Amstad, après cinq années à la vice-présidence de la Finma, en est devenue la présidente au début de cette année. Dans une interview à la NZZ, en février, elle détaillait ses fonctions.

Une intervention croissante de la présidente?

Outre la stratégie, la régulation, le personnel et le budget, elle entend s'occuper aussi des affaires importantes alors que la direction doit se concentrer sur la gestion des affaires au quotidien. La nouvelle présidente a bel et bien l'intention d'indication la direction à prendre. Elle dispose d'ailleurs d'une réputation et d'un réseau considérable, selon le journal dominical. Âgée de 52 ans, comme Mark Branson, elle a fait carrière chez Credit Suisse, à la Banque nationale suisse, dès 2012 à la Banque des Règlements Internationaux. Professeure à l'Université de Hong Kong, elle connaîtrait mieux que quiconque le fonctionnement du système financier chinois. 

La SonntagsZeitung ajoute que le salaire de Mark Branson à la Finma, 550 000 francs, serait environ le double de celui qu'il recevra à la BaFin et que les autorités allemandes sont «beaucoup plus politisées» que la Finma. Après le scandale comptable de Wirecard qui a abouti à l'insolvabilité de ce groupe de paiements, la réputation de la BaFin a été fortement touchée. 

Dimanche, la NZZ am Sonntag dresse le portrait de Mark Branson et le présente comme un homme qui n'a pas seulement utilisé un ton sévère à l'égard des financiers qui ne respectaient pas la loi mais qui a joint le geste à la parole. Dans 60 cas, il a pris la sanction la plus dure à sa disposition, à savoir l'interdiction de pratiquer.