Gouvernance

Départ surprise à la Chambre de commerce genevoise

Frédérique Reeb-Landry quitte avec effet immédiat la direction de la CCIG, huit mois après son arrivée et d’un commun accord

Après moins de huit mois en fonction, Frédérique Reeb-Landry n’est plus directrice générale de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève (CCIG). Si son départ immédiat s’est fait d’un «commun accord», selon le communiqué publié lundi par la CCIG, la greffe n’a jamais pris entre l’ancienne présidente du Groupement des entreprises multinationales (GEM) et la Chambre de commerce, selon nos informations.

Première difficulté, Frédérique Reeb-Landry est restée prisonnière de son étiquette de représentante des multinationales, explique un connaisseur du dossier qui souhaite rester anonyme. «Beaucoup de petits entrepreneurs ne se sont pas reconnus en elle, alors que dans le même temps, elle-même ne connaissait pas bien leur quotidien», décrit notre interlocuteur, qui se rappelle avoir entendu à plusieurs reprises des patrons de PME s’adresser à la directrice de la Chambre en anglais… jusqu’à ce qu’elle leur réponde qu’elle parlait français. Paradoxalement, c’est le bon travail de Frédérique Reeb-Landry à la tête du GEM qui lui avait ouvert les portes de la CCIG, souligne encore cette source.

«Pas de climat hostile»

Deuxième écueil, le management très directif de Frédérique Reeb-Landry, qui a passé vingt-trois ans chez Procter & Gamble, jusqu’à en devenir directrice des affaires publiques. Son style contrastait nettement avec celui de son prédécesseur, Jacques Jeannerat. A la tête de la Chambre pendant quatorze ans, ce dernier, élu radical pendant trois législatures, «très enthousiaste, entraînait les collaborateurs, sans s’impliquer en détail dans le quotidien de chacun», poursuit notre interlocuteur. Selon lui, «Frédérique Reeb-Landry était l’extrême opposé», ce qui a contribué à une ambiance «devenue épouvantable» au sein de la CCIG.

Autre source de divergence, la désormais ex-directrice, qui ne nous a pas rappelés, «ne souhaitait pas que les membres de la direction s’engagent en politique, alors que trois d’entre eux, sur quatre, sont élus au Conseil municipal ou au Grand Conseil [en tant que suppléants, ndlr], ce qui leur permet justement de travailler sur les conditions-cadres et d’effectuer du travail de lobby», reprend ce proche du dossier. Une version qui n’est pas corroborée par une source interne.

Enfin, au moment de sa nomination, Frédérique Reeb-Landry avait été retenue parmi sept candidatures, dont quatre déposées par les autres membres de la direction actuelle. Mais cette situation «n’a absolument pas créé un climat hostile», assure Alexandra Rys, responsable de la communication au sein de la direction de la CCIG. De manière plus générale, cette dernière fait état de «divergences entre Frédérique Reeb-Landry et le bureau de la Chambre», qui a décidé qu’il était «préférable de ne pas poursuivre la collaboration» générant «une insatisfaction des deux côtés». Le président de la CCIG, Juan Carlos Torres, assumera également la fonction de directeur général, ad interim.

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