Technologie

Le dépeçage de Yahoo! semble désormais imminent

Une dizaines d'entreprises seraient intéressées par le rachat du groupe en difficulté. Les premiers tours d'enchères pourraient débuter lundi

De Yahoo!, il pourrait bientôt ne plus rien rester. En difficulté depuis plusieurs mois, le groupe américain serait à la veille d'un dépeçage. Plusieurs sociétés, dont Google, via sa holding Alphabet, et l'opérateur télécoms Verizon auraient manifesté leur intérêt pour le rachat de tout ou partie du groupe dirigé par Marissa Mayer. Selon Bloomberg, qui a fourni dans la nuit de jeudi à vendredi de nombreux détails sur les opérations qui se tiennent en coulisse, un premier tour d'enchères pourrait débuter ce lundi 11 avril.

Le candidat le plus sérieux semble pour l'heure être l'opérateur télécom américain Verizon, qui avait déboursé, en mai 2015, 4,4 milliards pour racheter AOL et ses sites Huffington Post, TechCrunch ou encore Engadget. Selon Bloomberg, qui cite plusieurs personnes au courant des tractations, Verizon aurait même décidé qui sera à la tête de ce que deviendrait Yahoo!: Marissa Mayer serait remerciée et remplacée par le directeur d'AOL, Tim Armstrong, alors que Marni Walden, vice-présidente de Verizon, prendrait la tête d'une combinaison regroupant les activités opérationnelles de Yahoo! et AOL. Car le groupe encore dirigé par Marissa Mayer (en place depuis 2012) pourrait être coupé en trois.

Alibaba, joyau du groupe

Aujourd'hui, Yahoo! est en effet constitué de plusieurs entités. D'abord, le portail web, le moteur de recherche et les services annexes, qui totalisaient, en octobre dernier et aux seuls Etats-Unis, 210 millions de visiteurs. Yahoo!, c'est aussi une participation historique dans le capital du groupe chinois de e-commerce Alibaba, d'une valeur de quelque 32 milliards de dollars. Enfin, Yahoo! détient une participation de 35,5% au sein du capital de Yahoo! Japan, d'une valeur de quelque 8 milliards de dollars.

Cependant, vu les incertitudes entourant le groupe depuis des mois, les investisseurs ne valorisent Yahoo!, dans son ensemble, qu'à 34,5 milliards de dollars en bourse. Sur les douze derniers mois, son action a chuté de 18%. En face, Verizon affiche une capitalisation boursière de 213 milliards de dollars. Signe de son intérêt marqué pour Yahoo!, selon Bloomberg, l'opérateur télécom aurait mandaté trois banques pour acquérir tout ou partie du groupe.

Google, option défensive

Autre candidat évoqué pour le rachat de Yahoo!: Google. Malgré sa domination sur le marché de la recherche, le groupe pourrait enchérir pour une partie du groupe de Marissa Mayer. Interrogé par le «Guardian», un analyste de Forrester se montrait sceptique par rapport à cette possibilité. A moins, ajoutait-il, que Google agisse ainsi de manière défensive pour empêcher que l'un de ses concurrents ne puisse acquérir Yahoo!. Mais selon Bloomberg, Microsoft, qui avait tenté par le passé d'acquérir le portail web, ne serait plus intéressé. L'agence Bloomberg cite d'autres société potentiellement intéressées: le groupe Time, ainsi que les fonds d'investissement Bain et TPG.

La fin de Yahoo!, tel qu'on le connaît actuellement, semble ainsi approcher, même si de nouveaux rebondissements ne sont pas à exclure. Une chose est sure, la valeur de l'entreprise ne devrait cesser de baisser cette année. Il y a quelques jours, le site Re/code affirmait que parmi les documents que Yahoo! transmet aux acquéreurs potentiels, il prévoyait une baisse de son chiffre d'affaires de 15% cette année et de son bénéfice de plus de 20%. Pour mémoire, le groupe a affiché une perte de 4,4 milliards de dollars l'année passée, essentiellement causée par des dépréciations d'actifs, pour un chiffre d'affaires de quelque 5 milliards de dollars.

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