Huawei déménage. Cinq ans après son arrivée en Suisse, l’équipementier télécoms chinois a inauguré lundi ses nouveaux bureaux à Berne. L’opération est limitée: l’adresse ne sera plus le numéro 38 de la Waldeggstrasse à Liebefeld, dans la banlieue de Berne, mais le numéro 37. Néanmoins, ce déménagement permettra à la société, passée de 30 employés en 2009 à 450 aujour­d’hui, de croître. Les explications de Felix Kamer, directeur de Huawei pour la Suisse.

Le Temps: Que représente pour vous ce déménagement?

Felix Kamer: Lors de notre arrivée en Suisse, en 2008, nous avons débuté modestement dans un «business center» proche d’ici. Aujourd’hui, nous comptons 120 employés à Berne et 450 en Suisse, en comptant les bureaux de Zurich et Lausanne. Dans nos nouveaux locaux de 1100 m2 de Berne, nous avons encore de la place pour augmenter le nombre de nos collaborateurs.

– Lundi matin, vous avez affirmé vouloir désormais «stabiliser la société». Qu’entendez-vous par là?

– Nous avons grandi de manière très importante ces dernières années. Peut-être un peu trop rapidement, notamment via l’absorption de 250 transferts en 2012, depuis Alcatel-Lucent pour des projets avec Sunrise. Nous devons les intégrer. Nous avons aussi décroché des projets importants avec d’autres sociétés, dont un de 300 millions de francs avec Swisscom fin 2012. Désormais, nous voulons nous concentrer sur l’exécution de ces projets et nous avons l’intention d’en gagner d’autres plus petits, de quelques dizaines de millions de francs.

– Vous annoncez un chiffre d’affaires de 100 millions de francs pour 2012, qu’en sera-t-il pour cette année?

– Il sera sensiblement supérieur, car le contrat avec Sunrise ne comptait que pour quatre mois dans nos chiffres 2012. Mais je ne peux en dire davantage.

– Ce printemps, vos locaux ont été perquisitionnés par la police et des employés, sans titre de travail, ont été expulsés. Qu’en est-il?

– Nous avons pris plusieurs mesures, de la nomination d’un «compliance officer» (ndlr: responsable de la conformité avec les lois) à la mise sur pied d’audits réguliers. Le dernier, effectué en juillet par KPMG, a montré que nous sommes désormais en règle. Nous avons aussi renforcé notre administration.

– Quelle part d’employés chinois comptez-vous?

– Sur environ 450 employés, 15% viennent directement de notre siège en Chine. Pour l’année prochaine, nous voudrions réduire cette part à 10%, mais il n’est pas facile de trouver certains spécialistes en Suisse.

– La révélation du programme Prism a-t-elle fait diminuer la pression sur Huawei, souvent accusé de collusion avec le gouvernement chinois?

– Disons que j’entends beaucoup moins de questions liées à la sécurité de nos réseaux… Et cette affaire montre que le problème provient souvent des applications, et pas des réseaux en eux-mêmes.