Né en 1996 de la fusion entre von Moos et l'aciérie Von Roll, le groupe Swiss Steel vient de changer de mains. Une offre publique d'achat (OPA) a été présentée lundi par l'entreprise allemande de métallurgie Schmolz + Bickenbach (SB) en association avec son partenaire suisse, l'entreprise zougoise Gebuka. Les deux partenaires sont réunis au sein du SBGE Stahl Holding, avec une participation de 80% et 20% respectivement. Mais en réalité, en achetant les participations du Credit Suisse et de UBS de 50,5% au capital de Swiss Steel, SB en était déjà devenue l'actionnaire majoritaire fin mai 2003.

La démarche lancée lundi concerne les titres qui se trouvent encore dans les mains du public, c'est-à-dire quelque 6,8 millions d'actions. Le prix d'achat s'élève à 3,50 francs et la prime par action est de 12,8%. L'offre court du 7 juillet au 4 août et les actionnaires de Swiss Steel bénéficient d'un délai supplémentaire de dix jours après la publication des résultats de l'OPA. Dans le prospectus d'information, l'entreprise SB affirme qu'elle entend «maintenir Swiss Steel cotée en Bourse suisse avec une large base d'actionnaires minoritaires. Mais si à l'issue de l'offre, le nombre des actions nominatives en mains publiques était insuffisant et ne devait pas permettre un négoce régulier, la décote serait envisagée.» Les autorités cartellaires allemandes ont déjà donné le feu vert à cette acquisition.

Annoncée d'avance, cette acquisition n'aura pas d'incidence directe sur les quelque 1280 employés du groupe sidérurgique, dont les fonderies se trouvent à Gerlafingen (SO) et à Emmenbrücke (LU). «La fusion entre von Moos et Von Roll avait été rendue possible grâce à une participation de Credit Suisse et de UBS, explique un cadre de Swiss Steel. Mais dès le départ, les deux banques avaient fait comprendre qu'elles retireraient leurs billes dès que la situation financière du groupe serait assainie.» C'est le cas maintenant.

Risques aux Etats-Unis

En 2002, le groupe a engrangé un bénéfice de 1,2 million de francs, il est vrai en recul de plus de la moitié par rapport au gain de 2,9 millions de francs en 2001. Toujours en l'an 2002, le chiffre d'affaires a légèrement augmenté, de 1,2% à 584 millions, suite à une hausse de la production de 1048 millions à 1125 millions de tonnes d'acier. Pour le premier semestre 2003, le groupe avait annoncé un résultat en hausse par rapport à la même période l'an dernier. En effet, l'entreprise a été profitable à partir de 1997, après une profonde restructuration, y compris la vente de quelques unités boiteuses.

«Cette reprise doit permettre d'importantes synergies tout en garantissant l'avenir des fonderies de Gerlafingen et d'Emmenbrücke», avait déclaré Robert Jeker, président du conseil d'administration de Swiss Steel lors de l'achat d'actions des deux banques par l'entreprise allemande SB. Basée à Düsseldorf, celle-ci se définit comme une société familiale, employant quelque 2500 collaborateurs. Elle connaît une bonne croissance avec un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de francs et opère sur une trentaine de sites de production ou de vente en Europe de l'Ouest et de l'Est. «Le regroupement permettra des économies dans la logistique, la production et la vente», devait ajouter Marcel Imhof, directeur de Swiss Steel.

Dans son prospectus de vente, l'entreprise allemande SB ne cache pas avoir reçu des informations concernant certains risques financiers qui sont difficiles à évaluer pour le moment. Il s'agit d'une fonderie située aux Etats-Unis, autrefois exploitée par une filiale de Swiss Steel mais qui vient d'être vendue. Il y aurait eu des dégâts environnementaux, pouvant donner lieu à des demandes de dédommagements.

Afin de garantir une continuité des affaires du groupe Swiss Steel, Robert Jeker et un autre membre du conseil d'administration, Hans-Peter Zehnder, feront partie de la nouvelle direction.