Environnement

Les désastres climatiques coûtent de plus en plus cher

Selon un rapport de l’ONU, les catastrophes naturelles ont provoqué 2908 milliards de pertes économiques entre 1998 et 2017. Soit une hausse de 151% en vingt ans

Mercredi, la Floride attendait, anxieuse, l’impact de Michael. Classé au rang de catégorie 4 sur une échelle allant jusqu’à 5, l’ouragan pourrait provoquer des dégâts majeurs. Le même jour, le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes a publié son dernier rapport sur le coût économique des désastres naturels au cours des vingt dernières années.

Entre 1998 et 2017, les catastrophes naturelles liées au climat et à des phénomènes géophysiques ont tué 1,3 million de personnes. 4,4 milliards d’individus ont été blessés, sont devenus sans abri, ont été déplacés ou ont nécessité une aide d’urgence.

Plus de 2900 milliards de dollars de pertes

D’un point de vue économique, les pays touchés par de tels phénomènes extrêmes ont subi des pertes économiques directes évaluées à 2908 milliards de dollars, dont 77% sont directement liés au climat. Cette évolution ne manquera pas de rappeler les avertissements de Nicholas Stern, l’économiste britannique, lancés dans un rapport de 2006 sur les coûts économiques futurs du changement climatique. Elle alarmera peut-être même les climatosceptiques. Par rapport à la période 1978-1997, la hausse du coût économique des catastrophes climatiques se chiffre à 151%.

En termes monétaires absolus, les Etats-Unis sont de loin les plus touchés. Ils ont subi des pertes chiffrées à 945 milliards de dollars. La Chine, qui a connu pourtant un plus grand nombre de catastrophes naturelles durant la période, est seconde, avec des pertes de 492 milliards. Le Japon suit avec des pertes de 376 milliards. L’Inde et Porto Rico n’ont pas été épargnés, enregistrant des pertes économiques de respectivement 79,5 et 71,7 milliards.

Trois pays européens sont dans le top dix des plus touchés: l’Allemagne l’Italie et la France. Mais le tableau n’est pas complet, nombre de pays en voie de développement ne procédant pas à une évaluation économique des désastres naturels. Les événements climatiques les plus dévastateurs ont été les ouragans Katrina, Rita et Wilma qui ont causé des pertes de 201 milliards de dollars aux Etats-Unis et en Amérique centrale. En 2008, le séisme du Sichuan en Chine a représenté un coût de 96 milliards et, en 2011, le séisme (suivi d’un tsunami) à Tohoku au Japon a coûté 228 milliards.

Perte de 17,5% du PIB pour Haïti

Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophes, Mami Mizutori le martèle: «L’analyse du rapport indique clairement que les pertes économiques dues à des phénomènes météorologiques extrêmes ne sont pas soutenables et qu’elles sont un frein majeur à l’éradication de la pauvreté dans les régions qui y sont exposées.»

Si les pays développés sont fortement touchés par l’impact de catastrophes naturelles, celles-ci causent des pertes relativement marginales par rapport à leur produit intérieur brut (PIB). Ce n’est pas le cas pour les pays à revenu faible ou moyen qui subissent de plein fouet de tels événements. A titre d’exemple, ceux-ci ont représenté une perte de 17,5% du PIB pour Haïti, 12,2% pour Porto Rico et 7,4% pour la Corée du Nord.

Sept fois plus de risques de mourir dans les pays en développement

Si en termes économiques, les pays riches connaissent les plus grandes pertes du fait de leurs infrastructures plus denses et plus développées, les pays à revenu moyen et faible subissent un coût humain bien plus élevé. Dans les pays à bas revenu, 130 personnes sur un million meurent en moyenne des suites de catastrophes naturelles alors que dans les pays riches, on n’en compte «que» 18. Les habitants des pays à bas revenu ont sept fois plus de risques de mourir dans de telles circonstances que dans des pays développés.

Les catastrophes les plus dévastatrices en termes économiques sont les tempêtes (46%, soit 1330 milliards de dollars), les séismes (23%) et les inondations (23%). Les tremblements de terre sont de loin les phénomènes les plus meurtriers comptant pour 56% des morts. Ils sont suivis des tempêtes (17%) et des températures extrêmes (13%). Les inondations touchent le plus grand nombre de personnes, plus de 2 milliards durant les vingt dernières années, davantage que les sécheresses et les tempêtes.


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