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Désorientés, les marchés attendent la prochaine réunion de la Fed

Les places boursières ont bien résisté aux mauvais chiffres de l'inflation américaine publiés mercredi. Ils annoncent pourtant un nouveau resserrement monétaire.

«Nous traversons une phase charnière. Il est donc logique que les marchés financiers connaissent un certain désarroi.» Réputé optimiste, Anton Brender a le sens de l'euphémisme. Alors que, depuis le début du mois de mai, la plupart des Bourses mondiales subissent une sévère correction, l'économiste en chef de Dexia Asset Management reste positif. Lors d'une conférence à Genève mercredi, il indique voir l'indice américain SP500 et le MSCI EMU (zone euro) combler leur récente perte d'ici à la fin de l'année.

Rien n'est pourtant garanti tant les marchés réagissent de manière imprévisible. Mercredi toujours, les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle accélération de l'inflation. Fin mai, l'indice général des prix progressait de 4,2% en rythme annuel (3,5% fin avril). L'indice de base, qui exclut l'alimentation et l'énergie, progresse désormais de 2,4%, contre 2,3% un mois plus tôt.

De tels chiffres, qui renforcent la probabilité d'un nouveau relèvement des taux de la Réserve fédérale lors de sa réunion des 28 et 29 juin, auraient dû faire chuter les marchés d'actions. Cependant, contrairement aux réactions observées début mai, les places boursières ont stagné ou progressé. Autre évolution paradoxale: le dollar, qui devrait profiter d'un resserrement monétaire, s'est affaibli contre l'euro. Respectant tout de même la logique économique, les taux des obligations américaines ont bondi.

«Les marchés américains découvrent que les tendances sur lesquelles ils s'appuient depuis de nombreux mois vont changer. D'où le malaise actuel», analyse Anton Brender. Endettement des ménages, très forte croissance de l'immobilier, hausse des prix à l'importation, et pression salariale possible en raison d'une situation proche du plein-emploi... Autant d'éléments explosifs que la Fed doit tenter de contenir. Pourtant, l'économiste table pour l'instant sur un «soft landing» (atterrissage en douceur) sur tous ces fronts. Les marchés restent en tout cas suspendus à la prochaine annonce de la Fed.

Pas de refuge en Suisse

En Europe, Anton Brender se réjouit de la reprise de l'investissement. Il s'inquiète davantage de l'effet de la hausse de la TVA en Allemagne. Sur le front des changes, il anticipe une nette appréciation de l'euro à 1,40 dollar d'ici à fin 2007. Un niveau supportable «si les autres devises, comme le yen, s'apprécient aussi».

Enfin, il estime que le franc suisse et la Bourse de Zurich, en recul de 5,4% depuis janvier, ne constituent plus de valeur refuge. «Après l'euro, le franc est devenu une petite devise. Et les entreprises du SMI sont mondialisées et donc dépendantes de la conjoncture globale.»

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