La reconversion d'un des plus anciens conglomérats suisses semble s'annoncer sous les meilleurs auspices. Unaxis, ex-Oerlikon-Bührle, affiche un exercice 2000 record. Le groupe, qui s'est séparé de ses activités d'armement, d'immobilier et de maroquinerie avec Bally, a vu son résultat d'exploitation bondir de 155% à 314 millions de francs. Devenue la première société suisse active dans les nouvelles technologies, Unaxis peut se prévaloir au dernier exercice d'un bénéfice net de 511 millions de francs, contre 53 millions en 1999, alors que le chiffre d'affaires 2000 a progressé de 41% pour se fixer à 3,3 milliards de francs. Ce bond du bénéfice net s'explique notamment par des ventes réalisées durant l'année 2000.

Pourtant, le titre de la société a perdu jusqu'à 7,7% lundi à la Bourse suisse. Les observateurs s'inquiètent de la trop grande dépendance d'Unaxis vis-à-vis de quelques marchés fortement soumis à la pression de la conjoncture, comme les semi-conducteurs et les activités dans le domaine du stockage des données (data-storage). «Ces deux domaines offrent des marges importantes, souligne Jean-Philippe Barras, de la Banque Cantonale Vaudoise, cité par Bloomberg. Mais s'ils se portent moins bien, Unaxis pourrait en pâtir.» «Le problème se pose particulièrement avec le data-storage, estime Pierre Olivier Gabris, de Lombard Odier & Cie, un secteur pour lequel il n'y a actuellement plus de marché. Et comme ces activités devraient représenter plus de 50% du volume d'affaires d'Unaxis l'an prochain, il y a de quoi s'interroger.»

Rétrospectivement, le nouveau profil de la société orientée vers les technologies l'a plutôt servie sur le dernier exercice. Le secteur des technologies de l'information a donné un coup de fouet l'an dernier aux résultats, avec une hausse des revenus liés à l'activité semi-conducteurs de 79% à 1,185 milliard. Fin décembre, les entrées de commandes atteignaient 3,7 milliards de francs (+52%). La principale difficulté du domaine tient au fait que ses activités restent une des plus cycliques et qu'Unaxis, vu son activité de fournisseur aux industriels des mémoires informatiques, dépend à la fois de la conjoncture et des stratégies des acteurs sur le marché. Le groupe zurichois a d'ores et déjà clairement signifié qu'il s'attendait à un recul, léger, de son chiffre d'affaires et à un bénéfice sensiblement moins élevé l'an prochain dans ce secteur. Un autre élément extraordinaire devrait toutefois soutenir les résultats du premier semestre 2001. Unaxis a conclu la semaine dernière la vente de 90% du fabricant d'avions Pilatus pour 225 millions de francs.

Renforcer la croissance

Unaxis fait un geste vis-à-vis de ses actionnaires. Alors que ces derniers avaient été soumis au régime sec l'an dernier, ils repartiront avec un dividende de 2 francs par action lors de l'assemblée générale du 22 mai. Mais le groupe précise que la part du bénéfice la plus importante possible sera réinvestie pour garantir la poursuite de la croissance du groupe. «Même si le management veut étudier toutes les opportunités dans un marché qui offre des décotes intéressantes, il ne devrait pas réaliser d'acquisitions dans l'immédiat, estime Pierre Olivier Gabris. La direction se donne le temps de mener à bien sa refonte du groupe.» Après avoir racheté le producteur américain d'installations de traitement de semi-conducteurs Plasma-Therm et pris le contrôle du fabricant de robots d'assemblage de puces informatiques Esec, Unaxis détenait toujours fin 2000 un trésor de guerre de 174 millions, qui pourrait encore grandir suite aux ventes programmées de certaines unités, comme Unaxis Materials (traitement de surface) ou Unaxis Optics (lentille optique).