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L'aéroport a investi plus de 740000 francs pour acheter des tapis détecteurs de métaux en exclusivité mondiale. Une technologie vaudoise inventée par Sedect SA. 
© Aéroport de Genève

Innovation

Des détecteurs de métaux uniques au monde à l’aéroport de Genève

La société glandoise Sedect SA a conçu des tapis pour repérer le métal contenu dans les chaussures des voyageurs avant de passer les portiques de sécurité. Une solution qui a pour objectif de fluidifier le passage aux points de contrôle de 5%

L’aéroport de Genève a présenté, jeudi, les nouveaux tapis qui sont installés à tous ses points d’inspection et de filtrage. A vu d’oeil, il s’agit d’un simple caoutchouc gris avec deux pieds dessinés dessus. Et pourtant, ce petit accessoire est unique au monde. Sa particularité réside dans la technologie qui est cachée dessous: des capteurs miniatures capables de détecter tous types de métaux dans les chaussures.

En marchant dessus, les voyageurs sauront, avant de passer sous le portique magnétique, s’ils doivent se déchausser. En plus d’éviter le moment gênant où le portillon se met à sonner et celui de la fouille qui suit, le tapis permet également de fluidifier le passage aux points de contrôle. Durant les périodes hautes (de mi-décembre à pâques et l’été), le nombre de personnes peut monter jusqu’à 75 000 par jour et le temps d’attente avant de passer la sécurité à 25 minutes, selon Ruben Jimenez, chef de la Division Sûreté de l’aéroport de Genève. Principale cause du ralentissement: les allers-retours des passagers qui ont oublié de déposer leurs objets contenant du métal dans le panier qui passe aux rayons x. «Cela ne paraît rien mais ce contre-flux fait perdre entre 20 et 30 secondes par personne et arrête toute la file», explique Ruben Jimenez. Avec cette technologie, l’aéroport améliorera la fluidité de 5%.

Une vieille technologie modernisée

Bien qu’il s’agisse d’une innovation mondiale, le procédé sur lequel elle se base pour détecter le métal, l’électromagnétisme, existe depuis des dizaines d’années. «Il s’agit d’une technique éprouvée à laquelle nous y avons ajouté les technologies les plus modernes qui existent», décrit Bernard Revaz, directeur général de Sedect SA. La société, créée spécialement pour travailler sur ces tapis, partage une dizaine d’employés avec sa société mère Sensima Inspection, qui a érigé un marché de niche avec la détection de fissures dans les constructions métalliques sans les couper. Elles sont les seules à proposer cette technologie en Suisse.

Sedect a mis trois ans, de la conception à l’installation, pour obtenir le produit final utilisé à l’aéroport de Genève. Et il ne s’arrête pas au tapis. Un banc est installé à côté pour faciliter le déchaussage. Un designer de l’ECAL travaille actuellement sur l’esthétisme du produit pour qu’il corresponde au nouveau projet de l’aéroport de Genève.

Le prix de l’exclusivité

«Je ne peux pas vous donner le prix exact mais c’est entre 20 000 et 30 000 francs pièce», annonce Ruben Jimenez. Ce qui signifie un investissement entre 740 000 et 1,1 million de francs pour les 37 appareils installés. «Nous estimons qu’il sera amorti en deux ans.» Le contrat comprend également un monitoring à distance et l’entretien du système. Un financement que l’aéroport devait faire. «Nous ne pouvions plus augmenter l’espace, il fallait donc trouver un autre moyen de fluidifier le trafic sans faire de travaux», commente Ruben Jimenez. Et l’aéroport ne compte pas arrêter sa collaboration avec Sedect SA puisque les ingénieurs travaillent sur un nouvel appareil pour détecter, au niveau de la taille, les objets métalliques non enlevés comme les ceintures. Il devrait être installé d’ici la fin de l’année ou début 2017.

Les produits de Sedect SA pourraient bientôt se retrouver dans plusieurs pays puisque des tests sont en cours à Rome. Et d’autres pays comme l’Angleterre sont venus voir leur technologie. Mais la société vise surtout le marché américain.


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