C'est une question qui revient de façon récurrente, ceci à chaque fois que le dollar est sous pression comme actuellement. Il apparaît clairement que, pour les investisseurs qui n'ont pas d'intérêts directs aux Etats-Unis, détenir la devise américaine se révèle être un exercice de plus en plus périlleux. Le pilier que représentait le billet vert a déjà vu son statut de monnaie de réserve être ébranlé par l'avènement de l'euro, monnaie qui par défaut lui fait contrepoids.

A ceci s'ajoute (pour les investisseurs indigènes) que la BNS s'efforce d'ajuster le cours du franc contre la devise européenne et lui laisse peu d'amplitude. Quand on s'attaque aux problèmes de change, il faut ajuster les perspectives. Si on le situe dans un contexte obligataire, on favorisera dès lors une vision à moyen-long terme, plutôt que des mouvements journaliers. La majorité du marché semble s'accommoder d'un scénario où le dollar restera dans le bas de la fourchette, notamment parce que c'est la forme la plus pratique qu'ont trouvée les instances dirigeantes pour éponger leurs déficits. En effet, une devise bon marché favorise les exportations, c'est d'ailleurs ce que recherchent les Etats qui dévaluent… et voilà les grands mots lâchés!

L'exemple américain est particulier sur ce point, car il échappe à une règle maintes fois vérifiée qui veut que le mouvement baissier d'une devise génère parallèlement une poussée de ses taux d'intérêt. Il est vrai que d'être la monnaie de réserve mondiale génère une synergie propre qui échappe à certaines lois, ce qu'ont bien compris les autorités. Dans le cas du dollar, il apparaît de plus en plus évident que la Chine, par ses achats constants de bons du trésor, agit comme l'une des forces majeures dans le maintien des taux (moyens et longs) bas. Cependant, à l'autre bout de la courbe, la Fed s'applique à vouloir enrayer toute velléité d'inflation.

Pour conclure, même si personne ne peut augurer aujourd'hui des mouvements futurs, il est évident que la tendance baissière est bien inscrite et, dans ce genre de configuration, les investisseurs favorisent les couvertures de change.