L'Association de protection des obligataires de SAirGroup (APOS) a de quoi se réjouir, avec l'octroi du sursis concordataire de SAirGroup et SAirLines pour six mois. Sandro Ruggli, juriste zurichois et vice-président d'APOS, espère que les quatre autres unités en sursis provisoire (Swissair, Flightlease, Swisscargo et Cargologics) bénéficieront également d'un sursis de six mois, renouvelable pour un maximum de 24 mois. «Plus on aura de temps, plus on pourra espérer rembourser les porteurs d'obligations», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse lundi après-midi à l'aéroport de Zurich. La mise en faillite – et la liquidation – des sociétés en sursis précipiterait en effet les choses et risquerait de défavoriser les obligataires, dont les créances totalisent 4,3 milliards de francs, soit environ un tiers de la dette totale du groupe Swissair.

SAirGroup et SAirLines bénéficieraient de suffisamment d'actifs dans le cas d'une faillite pour verser un dividende, estimé à 12,5% pour SAirGroup sur 1,6 milliard de francs d'actifs et à 14,5% pour SAirLines (680 millions de francs d'actifs). Karl Wüthrich n'a pas pu être atteint lundi soir pour confirmer si ce dividende concernait les détenteurs d'obligations. En principe, même si les porteurs de titres obligataires doivent être remboursés avant les actionnaires, ils passent après les employés, l'Etat et les créanciers commerciaux. Karl Wüthrich devrait annoncer prochainement la date à laquelle il lancera un appel aux créanciers pour se faire enregistrer, ce qui pourrait avoir lieu dès janvier, selon l'APOS. Les créanciers auront ensuite vingt jours pour faire valoir leurs droits. Sandro Ruggli reste toutefois prudent: «Je ne veux pas me risquer à estimer combien les détenteurs d'obligations recevront. Cela dépendra beaucoup des indemnités versées aux employés licenciés.» L'APOS entend notamment défendre les intérêts de ses membres contre d'autres groupes, comme les sociétés étrangères de SAir Group, dont elle estime les demandes de dommages et intérêts injustifiés.

La cotation en Bourse des onze obligations du groupe Swissair est suspendue depuis vendredi jusqu'à mercredi soir, soit le temps que prendront les juges des tribunaux de district de Zurich et de Bülach pour se prononcer sur l'état des sociétés en sursis du groupe Swissair. La décision n'ayant que peu de conséquences pour les actionnaires, le cours des actions est demeuré inchangé à quatre francs.