La dette colossale et le déficit budgétaire du Japon ne sont «pas tenables sur le moyen et le long terme», a prévenu mercredi le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Naoyuki Shinohara.

Endetté à hauteur de quelque 200% de son produit intérieur brut, le Japon a vu l’agence de notation financière Standard & Poor’s abaisser, fin janvier, sa note à long terme à AA –, la quatrième meilleure possible sur un total de 22, à cause de sa dette colossale.

«La dette exceptionnelle et les déficits budgétaires du Japon ne sont pas tenables sur le moyen et le long terme», a prévenu M. Shinohara lors d’une conférence de presse à Tokyo. «Si la situation budgétaire actuelle est maintenue en l’état, cela conduira à des problèmes», a-t-il estimé, alors que la moitié du budget de l’Etat nippon est financée par la vente de nouveaux bons du trésor. Réforme fiscale

Lui-même ancien vice-ministre des Finances du Japon, M. Shinohara a jugé important que les dirigeants du pays parviennent «à un consensus national au plus tôt et à un accord sur la manière de consolider le budget».

Réforme fiscale promise

Le premier ministre de centre gauche, Naoto Kan, a promis une réforme fiscale d’ampleur. Celle-ci pourrait comprendre une hausse de la taxe sur la consommation, aujourd’hui fixée à 5%, afin de garantir le financement des retraites et l’équilibre des finances publiques. Mais ses marges de manœuvre sont limitées depuis que son parti a perdu le Sénat, où l’opposition conservatrice est majoritaire.

Le responsable du FMI a toutefois ajouté qu’il ne pensait pas que «des problèmes majeurs» allaient intervenir «immédiatement», évoquant le taux important d’obligations d’Etat détenues par les Japonais eux-mêmes.

La situation de l’archipel n’est pas directement comparable à celle des pays européens en difficulté financière comme la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, car quelque 95% des bons du Trésor nippons sont détenus par des investisseurs japonais. Ce qui réduit a priori les risques.