Au cœur des marchés

Dette mondiale: il y a de quoi s’étonner

Le niveau de la dette dans le monde – record historique à environ 250 000 milliards de dollars – est tel que les taux d’intérêt resteront bas pendant plus longtemps, car toute hausse de taux sera très pénalisante pour l’économie

Après une année 2018 difficile, en tout cas du point de vue des marchés financiers, il est d’autant plus important de relever quelques accomplissements historiques concernant l’économie mondiale.

Au cours des 25 dernières années, 2 milliards de personnes sont sorties de la pauvreté absolue. Estimé à 10% de la population globale en 2015 selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté n’a jamais été aussi faible. Un autre record absolu sera bientôt réalisé: en 2020, et ce pour la première fois dans l’histoire, la majorité de la population mondiale appartiendra à la classe moyenne. Rappelons que jusqu’en 1820 le taux de pauvreté s’élevait encore à 95% de la population mondiale. Une telle évolution mérite d’être saluée, même s’il demeure inacceptable qu’une personne sur dix dans le monde vive encore dans une pauvreté extrême.

Le danger du protectionnisme

Au-delà de la pauvreté absolue, deux autres risques existentiels menacent encore la survie des populations: une guerre nucléaire et le réchauffement climatique. En hiérarchisant nos préoccupations du quotidien, elles sont pour la plupart un cran en dessous, en relation avec le cycle économique, et donc davantage matérielles qu’existentielles. Pour 2019, abstraction faite du Brexit et des élections européennes, les deux principales sources de turbulences sont le protectionnisme et l’évolution de la dette.

La menace protectionniste est réelle car un recul du commerce international entraîne normalement une récession. En effet, pendant la crise de 2008, les volumes de commerce ont chuté de 10% et pendant la Grande Dépression, de 60%. Les mesures protectionnistes prises jusqu’alors ont ralenti la croissance des volumes échangés, mais ces derniers sont encore en croissance, nous protégeant a priori d’une récession. Les coûts liés au commerce ont baissé de 15% entre 1996 et 2014 selon l’OMC, grâce à la contribution d’un autre phénomène unique: l’essor technologique. L’impact du protectionnisme est donc à nuancer, considérant que le commerce international n’a jamais été aussi abordable.

Record du monde pour la BNS

Le niveau de la dette dans le monde a également battu un record historique en 2018, passant à environ 250 000 milliards de dollars. Le coût de financement de cette dernière ralentira vraisemblablement la croissance économique mondiale. Par contre, on peut en déduire que les taux d’intérêt resteront bas pendant plus longtemps, car compte tenu de l’importance de la dette, toute hausse de taux d’intérêt sera très pénalisante.

Dans ce contexte, notons enfin que le taux directeur de la Banque nationale suisse marque également un record – à moins 0,75% depuis 2015, il n’est jamais resté aussi faible si longtemps depuis les années 1970. De surcroît, il constitue actuellement le taux le plus faible dans le monde.

Franchement, de quoi s’étonner…

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