La première banque allemande, Deutsche Bank, a annoncé mardi un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 6,2% sur un an, affichant des résultats solides malgré la crise de la dette en zone euro.

Ce résultat est quasiment conforme aux attentes des analystes de Dow Jones Newswires.

Le bénéfice du groupe avant impôts a atteint 1,8 milliard d’euros, en hausse de 17% sur un an, et ses revenus ont totalisé 8,5 milliards d’euros, en hausse de 19%.

«En dépit de conditions de marché difficiles, notre modèle d’activité a prouvé sa robustesse. Nos efforts pour le rééquilibrer […] sont en train de payer», s’est félicité dans un communiqué le patron du groupe Josef Ackermann.

Comme d’habitude, la division de banque d’investissement, dirigée par Anshu Jain, a généré l’essentiel des profits du groupe au deuxième trimestre, avec un bénéfice avant impôts de 1,3 milliard d’euros.

Le groupe a dû passer 155 millions d’euros de dépréciations sur ses titres de dette grecque, et 464 millions d’euros de provisions pour risque de crédit, près de deux fois plus qu’il y a un an, en raison d’actifs à risque détenus par Postbank, consolidé dans ses chiffres depuis fin 2010.

Duo à la tête de la banque

Lundi soir la banque a annoncé que Josef Ackermann, 63 ans, allait quitter son poste en mai 2012, un an avant son terme initial, pour laisser la place à un duo composé de l’Indien Anshu Jain et de l’Allemand Jürgen Fitschen. Josef Ackermann devrait prendre la direction du conseil de surveillance du groupe.

Les deux hommes, dont la nomination a été validée lors d’un conseil de surveillance réuni lundi, prendront la succession du Suisse Josef Ackermann, dont le contrat courait jusqu’à mai 2013 mais qui a exprimé le désir de quitter la direction du groupe plus tôt.

Ces nominations seront effectives à compter de l’assemblée générale 2012 du groupe, qui devrait se tenir en mai.

Anshu Jain, 48 ans, à la tête de la division de banque d’investissement, la plus rentable du groupe, était pressenti depuis plusieurs années pour succéder à Josef Ackermann. Mais ce choix butait sur le fait qu’il est basé à Londres, pétri de culture anglo-saxonne et ne parle pratiquement pas allemand, ce qui faisait craindre à certains au sein de la banque qu’il ne défende pas suffisamment bien les intérêts allemands.

Pour contrebalancer ce profil, lui a donc été adjoint Jürgen Fitschen, 62 ans, patron de Deutsche Bank Allemagne, malgré les risques que comporte ce genre de ticket.

Excellent connaisseur des grands clients de la banque en Allemagne, il est aussi responsable depuis 2005 des comités de management de région du groupe dans le monde.