Les 2600 suppressions d'emplois annoncées hier par la Deutsche Bank ont surpris les marchés par leur ampleur: l'action Deutsche Bank a en effet chuté de 6,3% à 98 euros. Le géant financier allemand avait fait part le matin même d'un résultat annuel record (+102%) en 2000 de 4,95 milliards de francs, mais inférieur aux attentes. Un résultat gonflé par le gain de 2 milliards d'euros enregistré au premier semestre sur la cession de participations dans l'assureur Allianz. Selon les estimations de l'agence Bloomberg, le bénéfice de la banque allemande a toutefois reculé de 7% à 581 millions d'euros au quatrième trimestre 2000. Au cours de l'exercice écoulé, les coûts ont en outre progressé de 34% à 21 milliards d'euros. D'où la réaction négative de la Bourse. La Deutsche Bank avait déjà pris les devants en décembre dernier en annonçant un recentrage du groupe sur deux divisions stratégiques, au lieu de cinq actuellement: la banque d'investissement (Corporate and Investment Bank) et la gestion d'actifs (Private Clients and Asset Management).

Sur les 2600 emplois qui doivent passer à la trappe, soit 3% des effectifs du groupe, 1400 d'entre eux concernent l'Allemagne, 600 la région new-yorkaise, 500 la Grande-Bretagne et une centaine l'Asie. Cette réorganisation est la deuxième en l'espace de deux ans et demi après les 5500 suppressions de postes décidées en 1999, à la suite de l'acquisition de la banque américaine Bankers Trust. Ces nouvelles mesures doivent permettre d'économiser 1,5 milliard d'euros d'ici 2003 selon les précisions fournies à la presse par Rolf E. Breuer, le président du directoire de la banque allemande. Celui-ci affiche ainsi des ambitions élevées avec un taux de rentabilité avant impôts de 30% dans les affaires de gestion d'actifs (asset management), un secteur où de nouvelles acquisitions sont envisagées. Ce qui n'est plus le cas dans la banque d'affaires. Mais la restructuration annoncée hier se traduira d'abord par une charge de 500 millions d'euros. Si le Suisse Josef Ackermann doit prendre la succession de Rolf Breuer en tant que CEO l'an prochain, des incertitudes subsistent toutefois sur le management futur du groupe selon les spécialistes.