Le 14 juin 1981, le principe de l’égalité entre hommes et femmes est inscrit dans la Constitution. Dix ans plus tard, jour pour jour, la première grève des femmes réclame son application, et la loi sur l’égalité entre en vigueur en 1996. «Le Temps» revient sur cette révolution lente

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Il y a des domaines où la Suisse est chroniquement à la traîne de ses voisins. L’égalité dans le travail en est un. Obtenue à l’arraché, tout en étant jugée molle, la révision de la loi sur l’égalité est entrée en vigueur il y a pratiquement un an. Elle est encore loin d’avoir provoqué une révolution. Tout au plus a-t-elle «permis de rendre le sujet plus présent dans les discussions», estime Eglantine Jamet, cofondatrice d’Artemia Executive, une société qui conseille les entreprises en matière de diversité et les aide à recruter des femmes pour des positions de direction.

Codirectrice de la Fondation Equal-Salary, qui certifie les entreprises dans le domaine de l’égalité salariale, Noémie Storbeck a néanmoins senti «un bel engouement pour notre certification durant cette dernière année», qu’elle attribue en partie à la nouvelle loi, ayant vu «une recrudescence de demandes émanant d’entreprises qui voient s’approcher la date du premier délai prévu par la loi, c’est-à-dire fin juin 2021». Mais elle nuance: «L’augmentation de demandes en Suisse est relativement proportionnelle à celles reçues de l’étranger, je ne peux donc pas assurer qu’il y a une corrélation entre l’entrée en vigueur de la loi et la décision de certaines entreprises de se faire certifier.» D’autant que les entreprises qui choisissent ce label vont plus loin que ce que la loi exige.