Suisse

Deux Romands sacrés meilleurs entrepreneurs de l’année

Le groupe genevois Amaris et la société lausannoise MindMaze font partie des quatre gagnants du prix EY 2016

Le temps où les patrons suisses alémaniques dominaient les Romands au concours «Entrepreneur Of The Year» semble révolu. Organisé par EY (anciennement Ernst & Young), cette 19e édition a rétabli l’équilibre. Pour la première fois, deux des quatre lauréats sont romands. Vendredi soir, Olivier Brouhrant a remporté le premier prix dans la catégorie commerce et services pour sa société genevoise de conseil, Amaris. Le fondateur de MindMaze SA, Tej Tadi, a décroché le titre de l’entrepreneur «émergent» de l’année, grâce à sa technologie de réhabilitation neurologique. Sa société est basée à Lausanne, Zurich et San Francisco.

Les nouveautés ne s’arrêtent pas là puisque pour la première fois en 19 ans, la remise des prix a eu lieu à Lausanne, à l’Hôtel Royal Savoy. «Ce choix permet aussi d’expliquer pourquoi il y a eu plus de participants romands au concours cette année», commente Frédéric Tissot, directeur EY et responsable Suisse romande du concours. Au total, sur les 49 candidats au départ, quinze ont été retenus. Parmi ces finalistes, cinq sociétés romandes étaient en lice, dont la société lausannoise de recrutement Interiman. Un chiffre plus élevé que d’ordinaire, selon Frédéric Tissot.

La technologie pour guérir

Après avoir obtenu le prix «Young Global Leader» du Forum économique mondial de Davos en 2015, Tej Tadi devient l’entrepreneur émergent de l’année, sur les onze nominés. «Ça me paraissait être une évidence», confie Frédéric Tissot avec enthousiasme. Avec sa société MindMaze fondée en 2011, Tej Tadi a créé une plateforme intuitive, basée sur la réalité virtuelle, pour aider les victimes d’AVC à récupérer l’usage de leurs membres. Il a d’ailleurs une petite idée de la raison de sa nomination: «il s’agit d’une grande invention et elle est concrète puisqu’elle est déjà sur le marché.»

L’homme d’origine indienne n’a jamais lâché son rêve, malgré l’engouement modéré manifesté par sa famille et ses amis: «ils m’ont dit que c’était une bonne idée. Et c’est tout», se souvient, amusé, l’homme de 34 ans. Aujourd’hui, sa société est évaluée à plus d’un milliard de dollars. «Ils me demandent maintenant pourquoi je n’aide pas davantage de patients. Ce n’est jamais assez», poursuit-il. Avis qu’il partage puisqu’il souhaite que MindMaze devienne un standard mondial dans tous les domaines de la santé.

Des conseillers à travers le monde

Du côté d’Amaris, l’autre lauréat romand, la satisfaction est également de mise: «Cette récompense est pour mon équipe et pour lui prouver, sans que ce soit moi qui le lui dise, qu’elle fait un travail incroyable», confie Olivier Brourhant, cofondateur du groupe genevois de conseil en management et technologies. C’est lui, parmi les vingt candidats de la catégorie commerce et services, qui a convaincu le jury du concours. La particularité d’Amaris réside dans sa stratégie. Dès sa création, l’entreprise a été pensée pour l’international et pour le numérique. En dix ans, la société a atteint un chiffre d’affaires avoisinant les 150 millions de francs et compte désormais 2650 employés dans plus de 45 pays. Et l’homme d’affaires de 42 ans ne compte pas s’arrêter là. Pour les cinq prochaines années, il vise une croissance d’environ 30%. «C’est ambitieux, mais atteignable», estime-t-il.

Les vainqueurs suisses alémaniques

Willi Miesch, patron de la société de technique médicale Medartis, a été distingué dans la catégorie industrie, technologie, sciences de la vie. Le président de la société lucernoise Schurter, Hans-Rufolf Schurter, a été élu meilleur entrepreneur dans la catégorie entreprise familiale.


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