Financement

Deux start-up genevoises proposent un service de crowdlending clés en main

SwissLending et WeCan.Fund s’unissent pour offrir un concept de plateforme de financement participatif destiné aussi bien à des entreprises actives dans l’immobilier, l’énergie ou la santé

Les acteurs dans l’octroi de crédits à des particuliers ou des PME via Internet commencent à s’unir. Deux plateformes genevoises de financement participatif ont annoncé leur rapprochement. SwissLending, spécialisé dans le prêt participatif immobilier, a pris une participation minoritaire dans le capital de WeCan.Fund.

Cette fintech propose un nouveau concept de crowdlending, à savoir une plateforme clés en main destinée à différents secteurs, aussi bien des entreprises actives dans l’immobilier, l’énergie ou les matières premières. Le secteur bancaire serait également intéressé, tout comme des milieux universitaires. Mais pour l’instant, aucun nom de client n’a été révélé.

Ces entreprises pourront emprunter auprès de particuliers et d’institutions sans passer par les banques, ni faire appel à d’autres plateformes de crowdlending qui n’ont cessé de croître ces dernières années. Selon une étude du cabinet bâlois Remaco, le volume de ce marché aurait quintuplé en Europe en dix ans. En Suisse, le nombre de nouveaux acteurs dans le crowdlending a fortement progressé ces dernières années. Ils se nomment, par exemple, Cashare, Lend, Swisspeers ou Lendico, qui coopère avec PostFinance.

Intérêt d’une université et de médecins

«Nous voulons commercialiser notre technologie auprès de différents types de PME qui souhaitent développer leur propre plateforme de financement participatif, avec leurs besoins spécifiques et leur charte graphique», explique Vincent Pignon, fondateur de WeCan.Fund. Les premières d’entre elles seront opérationnelles dès le mois de juin. «Une université utilisera notre technologie pour disposer de sa plateforme, qui permettra de financer les projets de chercheurs, d’étudiants ou d’alumni», explique Vincent Pignon, qui prévoit également de développer un outil spécifique aux médecins en recherche de fonds pour ouvrir un cabinet.

Le coût de l’installation s’élèvera à 20 000 francs par plateforme dédiée. WeCan.Fund opérera dès lors comme une structure bancaire, vérifiera les données juridiques, contrôlera la solvabilité des intervenants, rassemblera et redistribuera les fonds. La structure prévoit de se rémunérer en prenant une commission de moins de 5% sur une transaction aboutie.

Court-circuiter les prêts bancaires

«Dans l’environnement actuel et face au durcissement des réglementations bancaires, la technologie répond à un vrai besoin des entreprises et des investisseurs. Dans beaucoup de secteurs, les PME ont de la peine à accéder au prêt bancaire», constate Dominique Goy, fondateur de SwissLending, une plateforme qui continuera à coexister. Elle met en relation les promoteurs en demande de financement et les épargnants cherchant à placer leurs capitaux. Elle a déjà réalisé le financement de quatre projets immobiliers en Europe obtenu auprès de neuf investisseurs. Dominique Goy précise que la rémunération annuelle attendue varie entre 8 et 10%.

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