De grandes élections se préparent… pour deux millions d'assurés du deuxième pilier. Ceux dont les avoirs sont gérés par des fondations collectives, c'est-à-dire en majorité des assurances. D'ici au 1er juillet 2005, ces institutions de prévoyance devront être pilotées par les partenaires sociaux. Les conseils de fondation seront composés de représentants des salariés et de l'employeur, qui seront choisis par leurs pairs.

Une petite révolution se prépare donc chez les assureurs qui géraient jusqu'à présent seuls les avoirs des cotisants. Cette indépendance leur a d'ailleurs été fortement reprochée. En particulier lorsqu'ils ont refusé de publier les gains qu'ils réalisaient sur les capitaux de prévoyance grâce à l'envolée des Bourses tandis qu'ils versaient le taux d'intérêt minimum de 4%, comme ce fut le cas à la fin des années 90. Un premier pas vers plus de transparence a déjà été franchi. Depuis le 1er avril, ils doivent rétrocéder aux assurés du 2e pilier au moins 90% des bénéfices qu'ils réalisent.

La parité au sein du conseil de fondation constitue une seconde étape importante. Il revient aux assureurs d'organiser les élections nécessaires. L'OFAS (Office fédéral des assurances sociales) leur a demandé de lui présenter la façon dont ils allaient organiser ces votations d'ici à la fin de l'année. Les grandes institutions sont le plus en avance.

Les modèles de Swiss Life et de Winterthur, qui assurent à elles deux près de un million de personnes, ont déjà été verbalement approuvés par l'OFAS. Mais la confirmation écrite, qui permettra aux deux compagnies de lancer la campagne électorale, ne viendra qu'en janvier. Chez la première, «le conseil sera composé de trois représentants des employeurs, trois représentants des employés et de deux représentants de Swiss Life», explique Antimo Perretta, responsable du secteur vie pour la Suisse. Ils recevront une compensation annuelle de l'ordre de 3000 francs. Chacun des 300 000 assurés individuels de Swiss Life pourra être élu et voter directement. En guise de guide électoral, l'assureur publiera une édition spéciale du magazine maison et mettra des informations sur son site internet. Ces élections devraient lui coûter entre 200 000 et 300 000 francs, estime Antimo Perretta.

Du côté de Winterthur, 500 000 assurés, seuls les représentants des employeurs et des employés au sein des commissions de prévoyance de chaque entreprise pourront voter. Ce qui fait tout de même près de 130 000 électeurs, précise une porte-parole. Le conseil de fondation se composera de trois représentants des employeurs, trois des employés, mais d'aucun représentant de Winterthur qui se contentera de la gestion pure.

Plus petites, La Vaudoise et La Genevoise (près de 30 000 assurés chacune) n'ont pas encore soumis de mode d'élection à l'OFAS. «Nous sommes très avancés», assure cependant la porte-parole de La Vaudoise, qui chiffre l'opération à 35 000 francs. Un dossier devrait être déposé d'ici à une quinzaine de jours. Marcel Kunzler, vice-président de la fondation Progressa de La Genevoise, reconnaît pour l'instant travailler sur une première version du document.

Reste ensuite à trouver les candidats compétents. Les assureurs constatent qu'ils ne sont pas légion.